"Les événements climatiques extrêmes seront plus fréquents et plus violents." Les mots de Hoesung Lee, président du Giec, peuvent sembler lointains pour une personne ayant passé son mois de juillet sous une météo maussade en métropole française. Peut-être ont-ils plus de substance lorsqu'on se penche sur les inondations en Allemagne ou en Chine, les records de températures en Russie ou au Canada, ou les incendies qui ravagent actuellement la Grèce et la Turquie. Des événements qui ont tous eu lieu lors de ce même mois de juillet.
Pour faire cette déclaration, Hoesung Lee s'appuie sur la première partie du sixième rapport de son organisme, publié le lundi 9 août. Une évaluation du climat et de ses changements qui fait la synthèse de 14 000 études scientifiques et met à jour l'état des connaissances sur ce sujet. Sept ans après ses dernières conclusions, le Giec revient donc avec un rapport "plus complet et précis" sur l'effet des activités humaines sur l'environnement.
L'humanité "sans équivoque" à l'origine du réchauffement climatique
Si certains pouvaient encore douter, les 234 auteurs du Giec sont unanimes, les activités humaines sont bien à l'origine du réchauffement climatique et de "vastes et rapides modifications de notre climat". Augmentation des températures terrestres et océaniques, fonte des glaciers et de l'Arctique, changement des schémas de précipitation, modification de la biosphère… Autant d'exemples qui mettent en cause l'humanité, pour des changements sans précédent.
En effet, les émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, ont notamment atteint des niveaux historiques. "En2019, les concentrations atmosphériques étaient les plus hautes depuis 2millions d'années." Il en est de même pour le méthane et le protoxyde d'azote sur les 800 000 dernières années. Avec ces nouvelles mesures, le Giec estime que le réchauffement global de 1,5°C sera atteint dans les vingt prochaines années, soit une prévision plus pessimiste que lors du rapport spécial de l'entité, en 2018.
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Plus cette étape des 1,5°C sera dépassée, plus l'avenir sera imprévisible et les dangers importants. Une accélération de la fonte des glaces et du permafrost, "déjà irréversible sur des décennies ou des siècles", pourrait libérer toujours plus de gaz à effets de serre, par exemple. Aussi, "avec des scénarios où les émissions deCO2 continuent d'augmenter, les puits de carbone océaniques et terrestres seront moins efficaces pour capter ce gaz", indique le rapport.
Ralentir la production de gaz à effets de serre
Malgré ces pronostics décourageants, "ce rapport montre qu'il est possible de limiter le réchauffement climatique", détaille Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe 1 du Giec et directrice de recherches au laboratoire de sciences du climat et de l'environnement. Avec une réduction considérable et rapide des émissions de CO2 et des autres gaz à effet de serre, pour une neutralité carbone vers 2050, la casse serait limitée, avec un dépassement temporaire. A ce jour, le rapport estime à 400 gigatonnes la quantité de CO2 libérable pour avoir 67% de chances de rester en dessous des 1,5°C. Cependant, le scénario le plus probable envisage un réchauffement de 3°C, en suivant les tendances actuelles. Reste à voir ce que les Etats feront de cette alarme tirée une nouvelle fois par le Giec lors de la COP26 de Glasgow, en novembre 2021.



