Près de 40% des instances de direction du CAC 40 ont déjà rempli leur obligation de féminisation

Les entreprises d’au moins 1000 salariés avaient jusqu’à ce mercredi 1er mars pour publier sur leur site internet la proportion de femmes et d’hommes dans leurs instances de direction notamment. Les comités exécutifs et de direction du CAC 40 sont déjà 37,5% à compter au moins 30% de femmes.

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Saint-Gobain
Saint-Gobain est l'une des entreprises dont les hautes sphères sont les plus féminisées du CAC 40.

C’est une nouvelle échéance à laquelle il va falloir s’habituer dans les entreprises d’au moins 1 000 salariés. Un an et deux mois après la promulgation de la loi Rixain, ces sociétés avaient jusqu’à ce mercredi 1er mars pour publier sur leur site internet leurs écarts de représentation entre les femmes et les hommes parmi leurs cadres dirigeants et dans leurs instances de direction (les comités exécutifs et de direction globalement) en 2022.

C'est la deuxième année d'obligation de reporting mais cette fois-ci, les écarts seront compilés et accessibles sur le site du ministère du Travail. Cela devrait donner plus de visibilité sur la situation des entreprises. Les cotées comme les non cotées qui sont aussi concernées et souvent moins scrutées.

Des industriels plus ou moins en avance

Selon des données datées de février 2023 et dévoilées mercredi 1er mars par l’Institut français des administrateurs (IFA) et Ethics & Boards, près de 38% des "comex" et "codir" du CAC 40 (41% dans le SBF 120) ont déjà atteint ou dépassé le premier seuil de la loi Rixain. Celui-ci correspond à un minimum de 30% de femmes (ou d’hommes si le déséquilibre était inversé) dans ces instances de direction et parmi les cadres dirigeants à partir du 1er mars 2026. En cas d’échec pour une entreprise au-delà de cette date, un accord d’entreprise devra définir des mesures de correction. Si aucun accord n’est trouvé, une décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE suffira.

Une légère progression a donc eu lieu dans le CAC 40 par rapport à février 2022, où près de 33% des instances de direction avaient franchi le premier seuil. Parmi les grands industriels à avoir passé ce cap, on retrouvait Saint-Gobain, Dassault Systèmes, Kering, L’Oréal, Michelin, Schneider Electric, Legrand… Le groupe des plus gros retardataires étant constitué entre autres de LVMH, Bouygues, ArcelorMittal et Stellantis. «Les résultats à court terme doivent être nuancés car la féminisation se prépare longtemps à l'avance, considère Guylaine Dyèvre, la vice-présidente de l'IFA. Il faut mener des politiques sur les talents et repérer les bons profils bien en amont, car personne n'a envie d'avoir une qualité inférieure à ses postes de direction.»

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Un signal pour les investisseurs et les talents

En 2023, plus de 60% des entreprises de l’indice phare français ne sont pas encore à la page. Et environ 27% d’entre elles comptent toujours moins de 20% de femmes dans leur instance dirigeante. La grande majorité des entreprises du CAC40 devra de toute façon continuer à progresser, car 8% seulement atteint le second seuil de la loi Rixain fixé à 40% en 2029. Après cette date, les entreprises à la traîne disposeront encore d’un délai de deux ans pour se conformer à la loi. Elles s’exposeront au-delà à une sanction financière égale au maximum à 1% des rémunérations et gains versés aux salariés au cours d’une année civile.

«Il y a une bonne dynamique et cela envoie un signal aux entreprises qui affirment qu’elles n’y arriveront pas par manque de vivier, commente Marie-Pierre Rixain, députée Renaissance et auteure de la loi éponyme, auprès de L’Usine Nouvelle. La volonté de la direction est déterminante, plus que le secteur d’activité à dominante masculine ou féminine, et les entreprises qui ne se sentent pas concernées envoient un mauvais signal aux investisseurs et aux talents.»

13 femmes au plus haut poste opérationnel dans le SBF 120

Au global, les femmes représentent environ le quart des membres de "comex" et "codir" du CAC 40 en 2023 et un peu plus de 26% de ceux du SBF 120. Dans le CAC 40, elles pesaient seulement 15% en 2017 et 7% en 2010. Grâce à ce résultat, la France est plutôt en avance en matière de mixité dans les instances dirigeantes par rapport à des pays comme l’Allemagne, la Pologne, l’Espagne ou de façon plus claire encore vis-à-vis de l’Italie et de la Belgique. Notre pays fait en revanche moins bien que le Royaume-Uni et les pays nordiques.

Reste à savoir si la montée en puissance des femmes dans les instances dirigeantes permettra de féminiser la plus haute fonction exécutive dans les entreprises. «S’attacher à féminiser les instances de direction et les cadres dirigeants bénéficie en tout cas à un ensemble beaucoup plus élargi de femmes dans l’entreprise, estime Marie-Pierre Rixain. La loi donne une place aux femmes dans la structure de pouvoir de l’entreprise et on peut espérer que cela paraisse moins étonnant  d’avoir une femme au plus haut poste de direction.» En 2023, seules 13 femmes occupent un poste de PDG ou de directrice générale dans le SBF 120.

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