Pourquoi la France pourrait ne plus être numéro un mondial des semences

Alors que les semenciers français confirment leur position de premiers exportateurs mondiaux, ils s'inquiètent des freins imposés par la réglementation européenne sur les nouveaux OGM. 

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La France confirme sa position de numéro 1 mondial des semences, pour l'instant.

Avec 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2019, la France confirme sa position de premier producteur européen et premier exportateur mondial de semences. "Une semence sur deux produites en France part à l'étranger", se félicite Claude Tabel, président de l'UFS (Union Français des semenciers). Près de la moitié de ces produits destinés à l'export prennent la direction de l'Union Européenne. 

Résultat, la balance commerciale de ce secteur affiche un bénéfice historique de un milliard d'euro avec des exportations en croissance de 17%.

Un secteur porté par sa diversité...

La belle performance française est portée par plus de 70 entreprises dont 50% réalisent moins de 9 millions d'euros de chiffre d'affaires. Aux côtés de ces PME, on retrouve les géants français Vilmorin, quatrième semencier mondial ou Florimond Desprez."La force de notre secteur est sa diversité", estime Claude Tabel. 

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Diversité de la taille des entreprises mais également diversité des semences proposées. Selon les chiffres de l'UFS, 33% des espèces cultivées sont du maïs et sorgho, 25% des semences potagères et fleurales, 7% de céréales et de protéagineux...

...mais menacé par la réglementation sur les nouveaux OGM ?

Mais ce leadership mondial pourrait être remis en cause par la réglementation européenne sur les nouvelles techniques génétiques, prévient l'UFS.

En effet, depuis 2008, la Cour Européenne de Justice considère que les plants issus de technique de mutagènese comme la fameuse technique Crispr-Cas9 doivent être classés comme des "OGM"... et donc suivre la réglementation de 2001 sur les organismes génétiquement modifiés. Ce texte prévoit une méthode d'évaluation des risques, des obligations d'information au public, d'étiquetage et de suivi. "Ce sont surtout les études d'impact pour la mise sur le marché qui sont limitantes", expliquait déjà Claude Tabel à l'Usine Nouvelle en février.

Selon l'UFS, à l'heure actuelle, 100% des entreprises françaises de plus de 450 000 euros de chiffre d'affaires s'appuient sur ces nouvelles techniques. Elles sont utilisées notamment pour améliorer la valeur agronomique des plantes dans 25% des cas, pour augmenter leur tolérance aux maladies et aux ravageurs pour 23% ou pour modifier leur résistance au stress environnementaux. "La question de la résistance aux pesticides, souvent utilisée comme le chiffon rouge par les opposants à ces techniques, ne représente que 7% des utilisations", se défend Claude Tabel.

Aux yeux du syndicat des semenciers, la réglementation pourrait nuire à la compétitivité des acteurs français du secteur. "Depuis 2018, 45% des PME et 35% des autres entreprises ont amendé leurs projets en raison de la réglementation européenne", prévient d'ores et déjà son président.

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