En cette période de changement attendu de gouvernement, la mesure défendue par le Nouveau Front populaire de porter le Smic à 1600 euros net a considérablement occupé le débat public. Mais sur le plan des rémunérations, une autre question s'impose en 2024 : les augmentations de salaire. Celles des cadres reculent de façon nette, selon une étude publiée en août par le cabinet de recrutement Robert Walters, réalisée auprès de 500 cadres en France au cours du premier trimestre 2024.
Environ un cadre sur deux a obtenu une hausse de salaire, contre près de 70% l’an passé. «Courant 2023, nous voyions déjà se tasser la folie des années 2021 et 2022, retrace Maxime Alves, manager senior au sein du cabinet, auprès de L’Usine Nouvelle. En parallèle, nous avons observé un ralentissement des recrutements externes, toujours d’actualité. Les entreprises ne souhaitent plus faire n’importe quoi, avec des nouvelles recrues dont les niveaux de salaire pourraient menacer l’équilibre en interne. Les candidats attendent encore de tels niveaux de salaires pour bouger, mais les entreprises ne sont plus vraiment prêtes à les proposer.»
Les RH tirent leur épingle du jeu
L’heure est au retour à la normale, avec des entreprises qui n’acceptent plus toutes les exigences. Les cadres s’y attendaient, ce qui ne signifie pas qu’ils s’en satisfont pour autant. Il y a d’abord ceux qui n’ont pas reçu d’augmentation et dont le salaire pourrait ne pas rattraper la forte inflation de 2023 (près de 5%). Même les plus chanceux ne sont pas si bien lotis, pour la plupart : 78% des cadres augmentés en début d’année ont vu leur salaire s’accroître de «seulement» 1 à 5%.
En fonction de leur profession, les cadres ne sont pas logés à la même enseigne. Cette année, les professionnels des RH ont été les plus augmentés dans l’échantillon de Robert Walters, à 73% contre 60% en 2023, même si le niveau de ces augmentations n’a pas forcément été celui espéré. «Les RH sont concernées par un phénomène de rattrapage. La fonction a été très sollicitée avec un marché du recrutement très tendu en 2021, 2022 et dans une moindre mesure en 2023. Dans la métallurgie, elle a fourni beaucoup d’efforts pour mettre en place la nouvelle convention collective de la branche et, plus généralement, on lui demande d’être novatrice dans l’organisation des nouveaux modes de travail. Ces revalorisations me paraissent logiques», commente Maxime Alves.

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Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
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Les augmentations résistent dans l'ingénierie
En deuxième position des fonctions les plus augmentées, celles regroupant l’ingénierie et les opérations a bien résisté en 2024, avec 62% de cadres ayant eu une hausse de salaire, contre 64% en 2023. «La population des ingénieurs bénéficie du mouvement de réindustrialisation, mais aussi des changements des procédés de fabrication des entreprises dans une logique de décarbonation, d’économie circulaire ou de rentabilité qui les rendent indispensables, constate Maxime Alves. On préfère souvent les augmenter de 3 à 5% plutôt que se relancer dans un processus de recrutement long et périlleux.»
Dans les autres métiers de l’entreprise en revanche, les hausses de salaire se font plus rares en 2024. Mais pour le moment, les patrons ne ressentent pas de franche insatisfaction sur la rémunération en cette rentrée.



