Préparer la sortie de crise. La Plateforme automobile (PFA), dirigée par l’ancien ministre de l’Economie Luc Chatel, a appelé mardi 17 mars à la mise en place d’un plan de relance visant à accompagner l’automobile française, paralysée comme le reste de l’économie par l’épidémie de coronavirus, qui a déjà fait plusieurs milliers de morts dans le monde. Dans un communiqué, la PFA s’est félicitée de la mise en œuvre des "mesures de soutien massif à la trésorerie […] et de soutien à l’emploi […] qui répondent aux demandes que nous formulions". Mais appelle également à la mise en œuvre d’un certain nombre de dispositifs pour accompagner le secteur.
"Il s’agira notamment d’actionner les outils à disposition (prime à la conversion, bonus pour l’achat de véhicules électriques et hybrides rechargeables) pour relancer le marché, et par ailleurs de consentir des investissements massifs pour les infrastructures de recharge des véhicules électriques, condition clé pour le décollage de ce marché", précise la Plateforme automobile dans son communiqué.
L’épidémie de coronavirus intervient en pleine année de transition pour l’industrie automobile européenne, qui doit pour la première fois en 2020 faire passer ses émissions de CO2 moyenne sous la barre des 95 grammes par véhicule et kilomètre.
Plastic Omnium va fermer ses usines françaises
Dans un tel contexte, certaines voix s’élèvent pour demander un report de cet objectif, jugé inatteignable en raison de l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur les ventes et la production mondiales. Interrogé par des journalistes à l’occasion de la présentation des résultats financiers, le patron du groupe Volkswagen Herbert Diess a indiqué mardi 17 mars que l’entreprise disposait d’un "bon carnet de commandes" en véhicules électriques et hybrides pour atteindre la trajectoire qui lui est assignée. En cas de dépassement, les constructeurs pourraient s’exposer à des amendes atteignant parfois plusieurs milliards d’euros.
Et ce, alors que l’épidémie du coronavirus laisse supposer de lourds impacts financiers. Depuis le début de la semaine, les entreprises multiplient les annonces de fermeture de leurs sites européens. Dernier en date : le groupe allemand Daimler, qui a confirmé l’interruption de "la plus grande partie" de sa production en Europe pour une durée d’au moins "deux semaines". Des décisions qui affectent par ricochet l’ensemble de la filière automobile. Plastic Omnium a ainsi indiqué à L’Usine Nouvelle la fermeture programmée de ses usines "d’ici la fin de la semaine en France". Les autres sites européens de l’équipementier devraient sans doute suivre sous peu.



