Partir ou rester en Russie? Comment les industriels français se positionnent

Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février, les industriels français reconsidèrent leurs investissements dans le pays agresseur. Certains décident de quitter purement et simplement le pays. D'autres veulent maintenir leur lien avec leurs salariés sur place. L'Usine Nouvelle fait le point sur le positionnement des grands acteurs français, secteur par secteur, dans cet article actualisé régulièrement.

Drapeau russe
Drapeau russe

Aéro

Airbus a annoncé mercredi 2 mars l'arrêt de l'envoi de pièces détachées en Russie et de tous ses services de soutien aux compagnies aériennes russes.

Agro

Danone a suspendu à compter du 6 mars tout projet d'investissement en Russie, mais maintient son activité de production et de distribution de produits laitiers. Le pays, où le groupe compte une dizaine d'usines et emploie quelque 8 000 salariés, pèse environ 5% de son chiffre d'affaires mondial.

Lactalis dispose de quatre usines en Russie où travaillent près de 2 000 salariés. La production s'y poursuit.

Automobile

Michelin a suspendu mi-mars ses exportations vers la Russie et fermé temporairement les portes de son usine russe de Davydovo, où 750 salariés fabriquent chaque année entre 1,5 et 2 millions de pneumatiques, soit environ 1% de sa production mondiale.

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Renault est de loin le plus exposé dans l'automobile française, puisque la Russie est son deuxième marché après la France. Le constructeur a décidé le 23 mars au soir de suspendre jusqu’à nouvel ordre les activités de son usine de Moscou en Russie. L'Etat russe veut le pousser à céder sa participation dans Avtovaz, maison-mère de Lada, dans lequel il a lourdement investi ces dernières années.

Stellantis a annoncé mardi 19 avril la suspension de sa production en Russie. Le 10 mars, le constructeur automobile avait annoncé cesser toute importation et exportation de et à destination de Russie. Son usine de Kalouga, située au sud de Moscou, et où plus de 10 000 véhicules ont été fabriqués en 2021, ne fonctionnait plus que pour répondre aux besoins locaux.

Construction

Saint-Gobain maintient ses activités en Russie, qui représente environ 0,5% du chiffre d’affaires du groupe en 2021. Les activités locales "fonctionnent a minima et de façon autonome", indique l'entreprise, qui explique que ses productions dans le pays sont intégralement produites et vendues sur les marchés locaux du bâtiment. Les projets de nouveaux investissements ont été annulés.

Energie

Engie n’a pas d’activité industrielle en Russie et n'y développe pas de projets d’investissements, mais a investi 987 milliards d’euros, convertis en prêt, dans le gazoduc North Stream 2, stoppé suite au déclenchement de la guerre. 20% des approvisionnements du groupe en gaz étaient liés à des contrats de long terme avec Gazprom, au début de la crise. Mais aucun n’arrive à échéance à fin 2022.

TotalEnergies fait partie des industriels français les plus critiqués pour sa volonté de rester à tout prix en Russie, même s'il a gelé ses projets de nouveaux investissements. Il avait annoncé le 22 mars garder ses actifs russes, mais mettre fin à l’achat de pétrole et de produits pétroliers en provenance de Russie. Il détient 19,4% du gazier russe Novatek, 20% de la société de projet Yamal LNG (déjà en production), 10% du projet LNG 2 (en construction) et 49% de TerNefteGaz. Le 27 avril, le groupe a reconnu que le projet LNG 2 censé démarrer en 2023 avait du plomb dans l'aile, et qu'il commençait à penser à « tourner la page » en envisageant un rempli.

TechnipEnergies a annoncé le 3 mars avoir cessé de travailler sur de nouvelles opportunités en Russie. Il est impliqué dans le projet Arctic LNG 2 porté par Novatek et TotalEnergies.

Schneider Electric a déclaré mercredi 27 avril avoir signé une lettre d'intention pour céder ses activités en Russie à son équipe de direction locale, opération qui devrait se traduire dans ses comptes par une dépréciation pouvant aller jusqu'à 300 millions d'euros.

Logiciels

Dassault Systemes a suspendu la semaine du 1er mars ses activités en Russie, qui représentaient environ 0,5% de ses ventes.

Luxe

LVMH et Kering ont annoncé vendredi 4 mars la fermeture temporaire de leurs boutiques en Russie.

Santé

Sanofi a annoncé mercredi 23 mars arrêter toute nouvelle dépense non liée à l'approvisionnement de ses médicaments « essentiels » et vaccins en Russie et en Biélorussie.

Transports

Alstom a annoncé mercredi 9 mars suspendre toute livraison vers la Russie, ainsi que tout investissement futur dans le pays.

Gefco a racheté début avril les 75% de son capital détenus par la compagnie ferroviaire russe RZD. Elle doit être remplacée au capital par la société française CMA-CGM.

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