Spécialiste de la conception et de la construction de matériel et engins de travaux ferroviaires destinés à la maintenance, Novium a été retenu dans le cadre de l’appel d’offres européen du Grand Paris Express. L’entreprise de Saint-Vallier (Saône-et-Loire) décroche un contrat de 30 millions d’euros afin de fournir une quarantaine de machines destinées aux futures lignes 15, 16 et 17. «La commande porte sur des véhicules de maintenance industrielle qui serviront à entretenir les voies pendant leur durée de vie, soit 40 à 50ans au moins» précise David Châtelet, directeur de Novium (14 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022).
La PME aux 82 salariés a travaillé en partenariat avec l’entreprise d’Indre-et-Loire Socofer pour décrocher cet appel à projet. «Ils ont répondu au lot 1 portant sur les locomotives et les engins, nous avons répondu au lot 2 sur les modules de travaux. Nous avons collaboré sur une interface entre les modules et les wagons pour assurer leur cohérence» détaille le responsable. Socofer avait déjà vu sa proposition retenue depuis un an quand Novium a patienté jusqu’à cet automne. «Nous attendons la réponse pour un autre appel d’offres concernant cette fois la ligne 18 du Grand Paris Express. C’est un marché plus petit, mais dans la même typologie pour lequel notre partenaire a déjà été retenu.» David Châtelet espère une réponse le concernant début décembre.
Une commande innovante
Dans le cadre de ce premier appel, Novium doit concevoir et fabriquer une quarantaine d’engins de 11 typologies différentes : modules de transport de personnes, d’outillage, module plateforme, module laveur de rails ou encore aspirateur ainsi que des lorrys de maintenance de caténaires avec navette élévatrice pour accéder aux parties supérieures des tunnels... «Ces engins modulaires vont être conçus sur-mesure et devront être 100% électriques, une nouveauté sur le marché français. Ils devront aussi être capables d’intervenir en réseau souterrain» explique le directeur de Novium dont les équipes vont développer des machines spécifiquement pour ce marché. Elles doivent donc changer les modes de fonctionnement et revoir leurs études. «Nous portons un regard tout particulier à la dimension sécuritaire comme le risque incendie en tunnel par exemple.» David Châtelet rappelle que si le contrat obtenu porte sur une quarantaine d’engins, d’autres pourront suivre. Pour l’heure, l’entreprise doit livrer un exemplaire de chacun des 11 modules d’ici deux ans et demi pour une livraison globale qui s’étendra jusqu’en 2030.
Recruter et peut-être investir
Pour répondre à ce nouveau marché, Novium doit renforcer ses équipes. «Nous avons besoin de monde en ingénierie, en bureau d’étude, en management de projet… Nous avons actuellement 15 postes ouverts» détaille le directeur qui évoque une première phase de recrutement autour de la conception tandis qu’une quinzaine d’embauches suivront ultérieurement pour la phase de production. Le cadre n’exclut pas non plus de réaliser quelques investissements mais reste prudent sur le sujet : «Tout dépend de la somme des projets que l’on pourrait gagner.»



