Le producteur mondial de câble Nexans lance la fabrication de conducteurs en aluminium recyclé. L’allemand Trimet, qui produit et recycle le métal, est le partenaire de l’industriel français, qu’il fournit par ailleurs en aluminium bas carbone.
Pour des raisons techniques liées à la qualité des alliages, les câbles électriques usagés étaient, jusqu’à présent, essentiellement recyclés dans des produits tels que des canettes ou des profilés de fenêtres. Désormais, les propriétés mécaniques et de conductivité du métal recyclé seront équivalentes à celles du vierge, garantit l’industriel d’outre-Rhin. L’aluminium recyclé servira à fabriquer deux produits : du câble d’énergie pour réseau et distribution (basse et moyenne tensions) et du câble aérien haute tension.
Premiers fils dès janvier 2023
Pour mener à bien ce projet, Nexans s’est engagé à fournir à Trimet ses chutes de production ainsi que de l'aluminium de récupération de "série 1". La matière première de recyclage (MPR) sera fournie par Recycâble, une coentreprise créée par Nexans et Suez dont la capacité de traitement est estimée, selon le gestionnaire de déchets, à 18 000 tonnes de grenailles par an, dont, pour l'instant, une grande part de cuivre. Cette matière, une fois passée par l’une des trois usines de recyclage de Trimet en Europe, alimentera ensuite les huit sites de Nexans dédiés à la production de câbles en aluminium sur le vieux continent. La part de recyclé sera "significative" mais ne dépassera pas les 50%, indique l’industriel tricolore, qui ne souhaite pas encore communiquer de taux précis. La première livraison du fil machine est attendue avant la fin janvier.
Economique et meilleur pour le climat
Dès 2023, le groupe, qui a engagé sa mue pour devenir un pure player de l’électrification, pourra ainsi répondre à la demande croissante de ses clients pour des produits présentant un éco-bilan plus favorable. La production d'aluminium vierge est en effet particulièrement énergivore. Environ 13,5 MWh sont nécessaire à la fabrication d’une tonne de métal primaire alors que l’équivalent recyclé ne nécessite que 5% de cette énergie. Un argument, qui à l’heure de la hausse des coûts de l’électricité provoqués par le conflit en Ukraine, a été décisif pour les deux industriels. L’impact sur le climat de ces futurs câbles a également été pris en compte. L'aluminium recyclé évite la phase d'électrolyse de l'alumine permettant de réduire de 85% les émissions de CO2 par rapport au vierge. De quoi diminuer l'empreinte carbone de Nexans qui produit environ 162 000 kilomètres de câble électrique en aluminium par an.



