Les nanosatellites sont au coeur du dernier volet du plan France Relance dédié à l’industrie spatiale. Dotée de plus de 10 millions d’euros, cette vague finance notamment la validation de trois projets technologiques et la réalisation d’autant de démonstrateurs de services innovants. Les 22 entreprises et laboratoires sélectionnés viennent clore le déploiement de France relance pour le secteur spatial, portant son montant à 515 millions d’euros. Coup de projecteur sur les six services et technologies qui s'apprêtent à partir en orbite.
Premiers vols
Trois technologies innovantes vont décoller, avant 2023, pour leur première mise en orbite. La première d’entre elles vise à appliquer dans l’espace une technologie déjà utilisée sur terre : le LiFi. Cette alternative au Wifi qui utilise des signaux lumineux pour transmettre de l’information se veut « simple, rapide et sans ondes électromagnétiques », indique le ministère de l’Economie. Pour mener à bien cette mission, le spécialiste des équipements LiFi Oledcomm, basé à Vélizy-Villacoublay, s’allie à la start-up franco-américaine Loft Orbital – qui a réalisé une levée de fonds de 125 millions d’euros fin 2021.
Baptisé Synchrocube, le second projet cherche à « fournir une solution complémentaire ou alternative au système [de positionnement] GNSS afin d’assurer des fonctions de synchronisation du temps au sol lorsque les signaux GNSS ne sont pas exploitables», relate Bercy. Ce système de positionnement alternatif est développé par le fabricant toulousain de nanosatellites U-Space, en partenariat avec le concepteur d’antennes Anywaves, le sous-traitant Comat et le spécialiste de l’électronique Microtec. « Ce nouveau concept de service innovant basé sur une plateforme nanosatellite permettra d’adresser des marchés tels que l’énergie, les télécommunications, les transports intelligents, la finance… », anticipe le ministère.
Plus large, le dernier projet vise à tester en orbite huit technologies nanosatellites, fruit de projets de R&D menés par Anywaves, Comat, CS Group, Hemeria, Mecano-ID, Steel et Syntony. Sans donner de détails sur la nature de ces technologies, Bercy indique mener ce projet pour « faire émerger une approche filière dans une optique de résilience face aux écosystèmes concurrents ».
Des services dans les nanosatellites
Plus amont, l’autre partie du volet nanosatellites va soutenir la réalisation de démonstrateurs de services innovants, reposant sur des satellites de moins de 50 kilos. Sélectionnés après trois mois de maturation, ces trois projets vont s’envoler à bord d’un ou deux satellites, accompagnés par « l’ensemble des briques technologiques au sol nécessaires pour préfigurer dans un environnement opérationnel les services commerciaux finaux », indique le ministère des Finances.
Le premier – porté par l’ingénieriste francilien Sophie Engineering, le spécialiste de la vision satellite Magellium et l’Onera – vise à déployer en orbite un système d’imagerie hyperspectrale, afin de capter des images très haute résolution de la planète. Un service qui pourrait intéresser pour des applications de défense, mais aussi l’observation de la végétation, l’évaluation des dommages suite à des catastrophes naturelles, l’étude de zones côtières ou encore le suivi des cultures.
Le second projet, lui, se base sur une connectivité inédite au sein d’une constellation pour couvrir une grande surface du globe en quasi-temps réel. Porté par la filiale de Safran spécialiste des composants optiques Reosc, le service de cloud LeanSpace et le Laboratoire d'Analyse et d'Architecture des Systèmes (LAAS) du CNRS, ce service doit permettre « la surveillance automatique de sites, de frontières et de zones étendues jusqu’à plusieurs dizaines de fois par jour ». Le tout, avec la capacité de programmer des alertes depuis n’importe quel coin du globe, ajoute Bercy.
Dernier mais non des moindres, le troisième projet « vise à fournir une caractérisation des aérosols atmosphériques nécessaire à l’estimation de la qualité de l’air à l’échelle locale et globale », décrit le ministère. Porté par le spin-off du Laboratoire d’Optique Atmosphérique (LOA) du CNRS, Grasp, le projet sera hébergé en orbite dans un satellite de la pépite U-Space. Cette dernière en profitera pour inaugurer son offre de « satellite-as-a-service », qui vise à mettre à disposition des nanosatellites à des offreurs de solutions.
A ces essais en orbite s'ajoute le financement d'une vingtaine de projets de recherche, menés par des laboratoires industriels ou publics, ainsi que la création d'un « forum nano » rassemblant industriels, académiques et utilisateurs privés. Afin de poser les premières pierres de la filière émergente des nanosatellites.



