Enquête

Les start-up, nouvelles meilleures alliées d'EDF jusque dans le nucléaire

Avec sa direction innovation, EDF dispose enfin d’une structure ad hoc pour travailler avec des start-ups, accélérer ses projets, y compris dans les mini-réacteurs nucléaire, et explorer de nouveaux marchés. Elle le montrera dès ce 14 juin à la grand messe parisienne  de l'innovation Viva Technology.

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Nuward SMR
Suite à une demande du chef du projet du SMR français Nuward, une équipe de trois personnes de la nouvelle direction innovation d'EDF cherche dans les start-up technologiques et les PME, partout dans le monde, des solutions pour préfabriquer, intégrer et même organiser la conception des éléments de ces mini-réacteurs nucléaires modulaires.

Il va devoir s’y faire. Même dans le nucléaire, l’électricien national va avoir besoin des start-up. Pour tenir sa promesse de construire son SMR Nuward en 2030, EDF ne pourra pas compter uniquement sur sa propre R & D, celle de sa filiale Framatome ou de ses partenaires, Naval Group, TechnicAtome et le CEA.

Le chef du projet s’est donc tourné vers Julien Villeret, le nouveau directeur innovation du groupe. Ce dernier a mis à sa disposition une équipe de trois personnes, qui va aller chercher dans les start-up technologiques et les PME, partout dans le monde, des solutions pour préfabriquer, intégrer et même organiser la conception des éléments de ces mini-réacteurs nucléaires modulaires.

Cette initiative s’inscrit dans le programme d’open innovation du groupe mis en place il y a trois ans et rebaptisé Pulse Connect. « Il vise à identifier les start-up qui pourraient être utiles à EDF, mais sans chercher à y investir », explique Julien Villeret. L’objectif est de lancer une cinquantaine de collaborations par an.

Pulse Connect "vise à identifier les start-up qui pourraient être utiles à EDF"

EDF s’est aussi donné les moyens d’investir dans des start-up innovantes pour explorer de nouveaux marchés. Créé en 2017, le fonds EDF Ventures peut investir près de 70 millions d’euros par an, non en amorçage, mais lors de la première ou de la deuxième levée de fonds, en prenant des tickets minoritaires de 3 à 5 millions d’euros. En 2021, l’électricien a ainsi investi dans quatre pépites, dans des domaines aussi variés que l’urbanisme avec Algar, le bâtiment intelligent avec Enerbrain, l’agritech avec ITK et l’outillage de stratégie carbone avec l’américain Persefoni. « Le fonds EDF Ventures nous sert à défricher des secteurs et à investir dans des start-up qui vont augmenter la valeur ajoutée de nos services, comme le fabricant d’électrolyseurs McPhy et le spécialiste de la charge des batteries PowerUp », précise le directeur innovation. Il ne s’agit jamais de les racheter. Mais l’investissement peut parfois aller plus loin, comme avec Dreev. Cette coentreprise créée par EDF et Nuvve, une start-up américaine de la charge intelligente des véhicules électriques, est intégrée à l’offre de sa filiale e-mobilité Izivia.

EDF mise aussi beaucoup sur l’intrapreneuriat. Son incubateur interne a déjà permis l’émergence de 10 PME détenues à 100 % par le groupe, à l’instar de Metroscope dans les jumeaux numériques. Renommé Pulse Incubation, le programme prend de l’ampleur. EDF vise maintenant la création de quatre start-up maison par an. 

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