Des volumes modestes, mais une progression élevée... Dans l’énergie, l'eau et les déchets, le nombre de recrutements de cadres (5280) a bondi de 38% en 2023 par rapport à 2022. Dans la mécanique et la métallurgie (10 340 recrutements), il a progressé de 14%, de 11% dans l’automobile, l'aéronautique ou les matériels de transports (5750). En moyenne, l’industrie a vu le nombre de ses recrutements de cadres et ingénieurs (45 000) augmenter de 15% en 2023. Un rythme nettement supérieur à celui de l’économie en général, où les embauches de cadres et ingénieurs (330 700) ont augmenté de 7% sur un an.
Il y a deux explications à cette «bonne surprise», selon les mots de Gilles Gateau, directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), qui a publié le 2 avril son bilan annuel et ses prévisions pour 2024. Les premiers effets de la réindustrialisation commencent à se faire sentir, mais, surtout, l’industrie a connu «un décalage dans le temps de la reprise post-Covid». Selon le directeur de l’Apec, «la reprise a été plus rapide dans les activités qui ne nécessitent pas d’investissements, donc plus longue dans l’industrie». Parmi les secteurs qui sont traditionnellement de gros recruteurs de cadres et ingénieurs, les activités informatiques et télécoms ont connu une hausse de 10% de leurs recrutements, à près de 72 000. Dans l’ingénierie et la R&D, l’augmentation est de 6%, à 43 700.
Une hausse de 4% attendue en 2024 dans l'industrie
Les recrutements de cadres vont continuer à augmenter en 2024, mais à un rythme moins soutenu. Les chiffres des derniers trimestres de 2023 laissaient prévoir ce ralentissement. Tous secteurs confondus, leur croissance devrait être de 2%. L’industrie sera cette année également au-dessus de la moyenne : elle prévoit 4% (47 000) de recrutements de plus que l’an dernier, surtout dans les secteurs «à haute intensité technologique et à fort taux d’encadrement», explique l’Apec. Cette année encore, c’est dans l’énergie, l'eau et les déchets que la croissance sera la plus forte (+10%). Il sera aussi élevée dans les équipements électriques et électroniques (+8%), l’auto, l'aéronautique ou les matériels de transport (+5%). Le premier secteur industriel recruteur en volume est la mécanique-métallurgie avec 10 740 recrutements. La construction serait, elle, plutôt en crise, avec 3% de recrutements de cadres en moins.
C’est dans les Pays de la Loire (+4%) qu’ils augmentent le plus, suivie de l'Occitanie et de l'Auvergne-Rhône-Alpes (+3%). L’Ile-de-France continue à concentrer la moitié des recrutements. Les trois fonctions pour lesquelles les entreprises françaises recruteront le plus sont, dans l’ordre, l’informatique, le commercial et marketing ainsi que les études/R&D.
En comparant les recrutements effectivement réalisés aux intentions des entreprises, l’Apec relève qu’elles ont embauché plus de jeunes et de seniors que ce qu’elles prévoyaient. Une attitude «pragmatique» face à leurs difficultés à recruter les profils dont elles rêvent, analyse Gilles Gateau. Avec un bémol : «L’adaptation la moins souvent faite porte sur le diplôme, les entreprises ne sont pas prêtes à y renoncer. C’est la France !»



