La baisse est générale : tous les secteurs, toutes les régions, toutes les tailles d’établissement sont concernés par une chute des prévisions de recrutement pour 2025, montre l'enquête annuelle de France Travail, Besoins en main d'œuvre. Tous secteurs confondus, 2,43 millions d’embauches sont prévues par les entreprises en 2025, soit 12,5% de moins qu’en 2024. Premier secteur en volume de recrutements (41% des projets), les services aux particuliers ne reculent que de 8,4%. Les services aux entreprises (23% des projets) prévoient 15,2% de recrutements en moins. Les deux secteurs où les embauches vont le plus fortement régresser sont la construction (-22%) et l’industrie (-16,5%). Cette dernière anticipe 216500 recrutements en 2025, contre 260000 en 2024. Elle pèse 8,9% des recrutements envisagés cette année.
Dans l’industrie, c’est la branche textile, habillement, cuir qui recule le plus fortement (de 33,5%, soit 3600 postes), suivie des industries extractives, énergie, déchets (-30%, soit 8000 environ). La métallurgie revoit ses embauches également à la baisse, de 18%, avec 4800 recrutements en moins. L’agroalimentaire ne recule que de 10%, le volume de ses recrutements restant élevé, mais avec un tiers de postes saisonniers.
Des recrutements moins difficiles
Parmi les 20 métiers les plus recherchés en 2025, aucun ne s’exerce dans l’industrie, avant les magasiniers et préparateurs de commande, à la 17e place, sauf si l’on compte les cadres et ingénieurs de l’informatique, à la 15e place. Autant les postes de magasiniers sont jugés peu difficiles à pourvoir, autant ceux d’ingénieurs de l’informatique appartiennent aux plus compliqués.
Logiquement, les recrutements, moins nombreux, s’annoncent moins difficiles en 2025, à hauteur de 55% contre 59% l’an dernier. Les difficultés restent élevées dans les industries manufacturières, avec 68% des projets jugés compliqués. Plusieurs métiers ouvriers figurent parmi les plus difficiles à pourvoir : chaudronniers, usineurs, ouvriers de maintenance en électricité et électronique, à hauteur de 80% des recrutements. Or ils correspondent aux postes les plus recherchés, en volume, dans de nombreux secteurs industriels.
Auvergne-Rhône-Alpes en tête
Particularité de l’industrie : le surcroît d’activité ponctuel justifie 52,6% de ses projets de recrutement, contre 42% au niveau national. La plus grosse région recruteuse est Auvergne-Rhône-Alpes (14,5% des embauches de l’industrie). Ex æquo ou presque sur la deuxième marche du podium, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Ile-de-France pèsent environ 10% chacune des recrutements prévus.
Tout n’est pas noir : en dépit des difficultés de l'automobile, 48% des établissements de matériel de transport ont des projets de recrutement pour 2025, le taux le plus élevé des secteurs d’activité, sans doute portés par l'aéronautique et la défense. Le deuxième secteur comptant le plus d'établissements recruteurs pour 2025 (44%) est tout aussi étonnamment celui de la chimie, pharma, raffinage.



