Les prêts participatifs disponibles au printemps

Les discussions sont encore en cours à Bercy pour finaliser le dispositif de prêts participatifs. Le dispositif de renforcement des fonds propres, prévu par le plan de relance, devrait être disponible fin mars.

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Euros - Billets
Le gouvernement veut atteindre 20 milliards de quasi fonds propres pour les entreprises d'ici 2022.

Les premiers prêts participatifs devraient commencer à être distribués aux entreprises à partir de fin mars si tout va bien. Le gouvernement tablait initialement sur un lancement "début 2021". 

Le dispositif de renforcement des fonds propres, inscrit dans le Plan de relance, est en cours de finalisation à Bercy et doit encore recevoir l’aval de la Commission européenne. Pour l’instant, les discussions se concentrent sur la question délicate de la structuration des fonds de dette auxquels souscriront les assureurs et la façon dont s’appliquera la garantie de l’Etat.

Les contours du dispositif de prêts sont largement cadrés pour ce qui concerne les entreprises. L’Etat a nettement renforcé son niveau de garantie pour atteindre les 20 milliards d’euros disponibles pour les fonds propres d’ici 2022. Celle-ci pourrait couvrir jusqu'à 7 milliards d’euros, soit 35 % du montant final des pertes. Ces prêts de longue durée d’au moins huit ans, assimilés à des fonds propres, devraient cibler aux PME et des ETI qui disposent de capacités de rebond, mais dont le bilan a été déséquilibré par le choc de la crise. Et ce à un coût relativement modeste, entre 4 % et 6 % pour les entreprises.

Un coût pas assez élevé pour la CPME

"Il faut que ces instruments soient bien fléchés vers les entreprises qui en ont le plus besoin. Les plus petites entreprises ne doivent pas en être exclues", pointe Germain Simoneau, le président de la commission financement des entreprises de la CPME. Pour l’organisation patronale, la pression de l’Etat pour aboutir à un taux avantageux risque in fine de jouer contre les entreprises considérées comme de trop mauvais risques, dont les plus petites. Germain Simoneau sait de quoi il parle. En 2012, il avait été à l’origine du premier fonds de prêts participatifs en France, Isodev… Il avait dû jeter l’éponge à cause des défauts trop importants des entreprises financées.

Du côté des banques, on insiste sur le fait que les prêts participatifs ne seront pas le seul outil pour redorer ses fonds propres. "Les TPE ont surtout besoin d’une bonne évaluation de leurs fonds propres. La loi de finances, en exonérant temporairement la réévaluation de leurs actifs, est une bonne réponse", pointe un acteur bancaire. "L’effet pourrait être plus puissant que les prêts participatifs", abonde Germain Simoneau. Les régions ont aussi commencé à lancer leurs propres plans de soutien aux quasi fonds propres, dont certains centrés sur les TPE comme celui de Grand-Est.

Pas le seul outil à disposition

Au-delà des banques, les fonds d’investissement se préparent aussi activement. La labellisation des fonds France Relance, qui devraient déployer les obligations convertibles non dilutives - l’autre outil de quasi fonds propres prévu par le Plan de relance - a déjà démarré.

La mise en place moins rapide que prévue n’inquiète en tout cas pas outre mesure. Car les besoins se feront surtout sentir lorsque les entreprises retrouveront à nouveau des perspectives et accéléreront leurs projets d’investissements. "C’est un outil de sortie de crise, suggère-t-on du côté des banques. "Les entreprises ont intérêt à réfléchir et calibrer leur besoin. Beaucoup d’outils existent déjà dans le Plan de relance pour soutenir l’investissement. On verra comment celui-ci va monter en puissance, mais c’est un dispositif qui pourra être rechargé si besoin après 2022".

A court terme, l’urgence se pose différemment. Le report de deux ans d'office du remboursement des premières échéances des prêts garantis par l’Etat fait l’objet de discussion, alors que celle-ci est pour l'instant accordée au cas par cas. "Le maintien des dispositifs d’aides d’urgence comme le chômage partiel a décalé les difficultés financières des entreprises. Mais les entreprises avec de mauvais bilans 2020 vont voir leur notation bancaire chuter et auront du mal à financer leur BFR lorsque tout redémarrera", pointe encore Germain Simoneau, qui plaide pour la mise en place de PGE de consolidation, pour aider les entreprises à absorber leurs échéances.

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