L'épidémie de coronavirus se propage, avec plus de 20 500 cas déclarés et plus de 400 morts ce mardi 4 février 2020. L’épicentre de l’épidémie se situe à Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants située dans le centre de la Chine. Un véritable bastion industriel, spécialisé dans l’automobile, la chimie, l’électronique.
PSA, Renault, LVMH, Accor, Sanofi, Plastic Omnium, Valeo, Faurecia… Une centaine de grands groupes français y sont implantés. Face à la propagation du virus, les entreprises ont multiplié les mesures de rapatriement de leurs salariés. Quelque 500 ressortissants français présents à Wuhan ont d’ores et déjà été rapatriés.
"Les grands groupes qui ont des salariés en Chine atteints du coronavirus disposent de programmes d’assistance permettant de pouvoir rapatrier, si besoin, leurs employés en déplacement court terme ou expatriés. Les assureurs en Chine, en complément du Fonds d’Assurance Médical Social, prennent normalement en charge les soins médicaux des salariés locaux, explique Alain Ronot, trésorier et référent risques RH au sein de l’AMRAE, directeur des assurances chez Capgemini. En revanche, si une entreprise décide de rapatrier ses salariés non atteints du virus en affrétant un avion, il n’y a généralement pas de couverture d’assurance."
Pas d'indemnisation des pertes d’exploitation sans dommages Materiels

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Plus graves sont les pertes économiques potentiellement engendrées par l'épidémie : la plupart des entreprises et usines de la région de Wuhan, après avoir suspendu leur activité depuis le 23 janvier pour les congés du Nouvel an lunaire, resteront fermées jusqu'au moins le 9 février, paralysant les chaînes de production à travers le pays et les désorganisant à l’échelle mondiale. Du point de vue des échanges commerciaux, "l’Europe est la plus exposée", explique Ana Boata, directrice de la recherche macroéconomique chez Euler Hermes. Selon elle, l’épidémie pourrait coûter 0,2 point de croissance au premier trimestre à l’Europe.
"Des perturbations de la production industrielle sont probables y compris sur le secteur automobile même s’il est difficile à ce stade d’en anticiper l’ampleur", confie Michel Josset, président de la commission dommages de l’AMRAE, directeur assurance, risques et prévention au sein de l’équipementier automobile Faurecia. La majorité des polices d'assurance indemnisent les pertes d'exploitation liées à des périls dénommés: incendie, explosion, chute de la foudre, accidents aux appareils électriques, dégât des eaux, bris de machine, tempêtes, grêle et poids de la neige sur les toitures, catastrophes naturelles, émeutes et mouvements populaires, attentats, etc. Ce sont des pertes d’exploitation avec dommages matériels.
Recourir à des captives d'assurance
Les pertes d'exploitation sans dommages matériels, à l’instar des pertes d’activités liées aux deux mois de grève des transports récemment en France, ne sont que très peu couvertes. Une nuance toutefois. Beaucoup de polices perte d'exploitation des grands groupes fonctionnent en "dommages tout sauf". En clair, toutes les pertes d'exploitation sont couvertes, sauf exclusions écrites dans le contrat d'assurance, définies par l'assureur. "Donc, en fonction de la rédaction du contrat de police d'assurance, il peut y avoir couverture des pertes liées à une pandémie ou à l'impossibilité d'accéder à une usine", explique Xavier Marchand, avocat associé chez Carakters. Sauf que "le monde de l’assurance n’a pas d’appétit particulier à couvrir le risque de pandémie", souligne Michel Josset, donc il est majoritairement exclu.
En l’absence de garanties pertes d’exploitations sans dommages, les entreprises disposent de peu d’alternatives assurantielles si ce n’est recourir à des polices dédiées logées dans des captives d’assurance. Une captive est un montage juridique et financier orchestré par une société industrielle ou commerciale voulant se doter de sa propre compagnie d’assurance, sans que cela ne relève de son activité principale. La captive facture, tout comme un assureur classique, des primes à la maison-mère et couvre en contrepartie ses sinistres. "La plupart des grands groupes industriels ont mis en place des sociétés captives d’assurance ou de réassurance qui permettent de mutualiser leurs risques dans le temps", souligne Alain Ronot.



