À 54 ans, Jean Castex est devenu, le 3 juillet, le 23e Premier ministre de la Ve République. Trois jours plus tard, il dévoilait les noms des ministres de son gouvernement. Charge à lui d'orchestrer ce 7 juillet son premier Conseil des ministres. Cet élu local et haut fonctionnaire a gagné en proximité avec Emmanuel Macron au cours de sa mission sur le déconfinement. Depuis 2017, il était délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024. Il conjugue une expérience des cercles du pouvoir et un tropisme pour les sujets sociaux et sanitaires, tout en étant solidement ancré dans le Sud-Ouest, puisqu’il est maire de Prades et conseiller départemental des Pyrénées-Orientales. Homme de droite, repéré par Xavier Bertrand, dont il a été directeur de cabinet, il connaît bien les arcanes du dialogue social national.
Il y a dix ans, il était le conseiller aux affaires sociales de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Guillaume Cerutti, le PDG de Christie’s, qui l’a connu sur les bancs de Sciences Po au début des années 1980, se rappelle qu’"il était déjà un animateur d’équipe et un excellent négociateur. Il aime convaincre et créer des liens". C’est aussi un homme de terrain. Après l’ENA (promotion Victor Hugo) et quatre ans à la prestigieuse Cour des comptes, il s’ennuie et demande la direction de la Direction des affaires sanitaires et sociales (Ddass) du Var, un poste pas franchement prestigieux. Raymond Soubie, son prédécesseur en tant que conseiller aux affaires sociales de Nicolas Sarkozy, dit de ce Gersois qu’il est doté "d’une excellente maîtrise des dossiers, d’une grande intelligence, de bonne humeur et d’humour".
Les chantiers prioritaires qui l'attendent

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10 Avril 2026
Yuan chinois (CNY) - quotidien¥ CNY/€
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10 Avril 2026
Dollar Us (USD) - quotidien$ USD/€
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Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
De la bonne humeur, il en faudra pour résister à la morosité de la période "difficile" qui s’annonce, a prévenu Emmanuel Macron. Ses premiers chantiers concerneront le volet social. On attend la présentation rapide d’un plan sur l’emploi des jeunes afin d’éviter une « génération Covid-19 » sacrifiée. Emmanuel Macron a aussi déjà annoncé que la réforme des retraites, interrompue par l’épidémie, sera remise sur les rails, dans une logique plus conciliante que précédemment. La création d’un cinquième risque sur la dépendance est également au programme.
Du côté des dossiers économiques, au-delà de la mise en musique des plans sectoriels déjà présentés, l’été sera consacré à orchestrer le plan de relance qui sera dévoilé à la rentrée. Le gouvernement d’Édouard Philippe comptait engager une large consultation au cours des prochaines semaines afin de dessiner un plan de relance industriel faisant de la décarbonation une réalité et un avantage compétitif. L’impératif restera le même. Jean Castex sera prié d’y intégrer une déclinaison plus territoriale en coopérant avec les collectivités locales.
Il lui faudra aussi donner corps aux 146 mesures de la Convention citoyenne sur le climat acceptées par le chef de l’État. À la rentrée, le chef du gouvernement va aussi devoir gérer politiquement les enchères de la 5G, alors que cette technologie est contestée par une frange croissante de la population française. Et, plus épineux encore, il recevra sur son bureau, à la mi-2021, le dossier de faisabilité d’EDF arguant la nécessité de construire six nouveaux réacteurs nucléaires. Les négociations sur le budget européen resteront l’apanage d’Emmanuel Macron, qui cultive avec constance, avec Angela Merkel, un front uni franco-allemand.



