En moyenne, un élève ingénieur diplômé gagne 38500 euros annuels brut, hors primes et hors thèse, d’après le classement 2025 des écoles d’ingénieurs de L’Usine Nouvelle. C’est 1000 euros brut de plus que l’année précédente.Face à une pénurie de talents que l’enseignement supérieur peine à combler, les entreprises s’arrachent à prix d’or les étudiants des meilleurs établissements. En parallèle, elles proposent des primes à l’embauche, des plans de carrière accélérés ou encore des avantages non-financiers, comme le télétravail ou la prise en charge de formations supplémentaires.
Dans le top 10 des écoles proposant les meilleurs salaires se trouvent des habituées. D’abord, Polytechnique caracole toujours largement en tête avec un salaire annuel brut médian de 58000 euros un an après le diplôme, soit 10000 euros de plus que l’ENSAE Paris, école de la statistique, qui arrive en deuxième position. Les prestigieuses ESPCI (47169 euros brut), CentraleSupélec (46000 euros brut), Mines de Paris (45750 euros brut) et Ponts et Chaussés (ENPC, 45300 euros brut) constituent un bloc solide d’écoles très attrayantes pour les étudiants.

Les 10 écoles d'ingénieurs offrant les meilleurs salaires de sortie
Le lieu, le secteur et le genre : trois éléments discriminants
Alors que le classement est dominé par des établissements parisiens et franciliens, les écoles en régions peinent souvent à rivaliser. Les diplômés de ces écoles affichent des salaires médians fréquemment inférieurs à 40000 euros, comme à l’INSA Lyon (38000 euros brut) ou à l’UTC Compiègne (38250 euros brut). Ces différences s’expliquent en partie par le coût de la vie parisienne et par la concentration d’entreprises proposant des postes à haute valeur ajoutée dans la capitale.
Au-delà de la localisation, les spécialités jouent un rôle déterminant dans les perspectives salariales des jeunes ingénieurs. Les filières numériques continuent de proposer de très bons salaires de sortie, avec des écoles comme l’EPITA (44770 euros brut) ou l’ESIEA (44000 euros brut), qui bénéficient de la montée en puissance de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle. Ces domaines, où la demande explose, permettent aux diplômés de négocier des rémunérations élevées dès leur premier emploi. À l’inverse, l’agronomie ou l’agroalimentaire offrent des salaires nettement plus modestes. Ainsi, les diplômés d’écoles comme l’Institut Agro Dijon (29000 euros brut) ou l’ENSAIA (32000 euros brut) se situent loin derrière.
Enfin, un point noir demeure : les écarts de rémunération entre hommes et femmes. Selon les dernières données de la Conférence des Grandes Écoles (CGE), les ingénieures diplômées gagnent en moyenne 2000 euros de moins par an que leurs homologues masculins, à poste et qualification équivalents.



