Les revenus des patrons d’entreprises cotées ont atteint des sommets en 2021. Selon le 23e rapport de Proxinvest sur la rémunération des dirigeants dévoilé mardi 22 novembre, la rémunération moyenne dans le SBF 120 – qui rassemble les plus grosses capitalisations boursières françaises – s’est élevée au niveau record de 4,5 millions d’euros en 2021, en hausse de 22% par rapport à 2019.
Du jamais-vu sur les 15 années d’archives dont dispose l’agence spécialiste du conseil en votes pour les investisseurs en actions. Record battu aussi dans l’indice plus restreint du CAC 40, avec une rémunération moyenne de 7,9 millions d’euros, en augmentation de 52% par rapport à 2019. C’est bien plus que le cours de l’indice qui a gagné près de 30% l’année dernière. Les rémunérations médianes sont aussi à un plus haut historique.
"Le plus fort montant jamais observé pour un dirigeant"
Selon les calculs de Proxinvest, le directeur général de Stellantis Carlos Tavares est le dirigeant le mieux payé au total, avec 66,7 millions d’euros de revenus. « C’est le plus fort montant jamais observé par Proxinvest pour un dirigeant, même si la société communique plutôt un montant de 19 millions d’euros environ », commente Jehanne Leroy, qui a rédigé le rapport. Son agence utilise de fait sa propre méthodologie, avec une valorisation des actions incluses dans les packages de rémunération à la date de leur attribution et parfois des ajouts de rémunération indirecte, via une holding par exemple.
La deuxième marche du podium revient à Bernard Charlès, le directeur général de Dassault Systèmes. Sa rémunération a atteint 44,1 millions d’euros, dont environ 41 millions d’euros en actions attribuées sous condition de performance. « Bernard Charlès bénéficie de ce type d’attributions depuis plusieurs années. Celles-ci représentent désormais un peu plus de 1% de la capitalisation de Dassault Systèmes, c’est-à-dire un milliard d’euros de patrimoine à la valeur de l’action à fin 2021 », souligne Jehanne Leroy.

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Recul de la part de rémunération fixe
Daniel Julien, le patron du spécialiste des centres d’appels et des services de relation client Teleperformance, complète enfin le podium. Il a la particularité de toucher une rémunération fixe d’environ 2,2 millions d’euros, soit la plus élevée du CAC 40. François-Henri Pinault chez Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga…) et Paul Hudson chez Sanofi prennent ensuite les quatrième et cinquième places, avec respectivement 12 et 9 millions d’euros selon Proxinvest.
Le rebond de l’activité après la crise sanitaire a largement contribué à la hausse des rémunérations dans le CAC 40 et le SBF 120. La valeur moyenne des attributions en options sur achats d’actions et en actions gratuites de performance, qui s’ajoutent entre autres à la rémunération fixe et au bonus annuel, a ainsi augmenté de près de 40% dans le SBF 120 par rapport à 2019. «Cette partie de rémunération de long terme explose. La part des options et actions est en forte hausse dans la structure de rémunération», confirme Jehanne Leroy. A l’inverse, le niveau de rémunération fixe recule à presque 20%, la proportion la plus faible jamais enregistrée par Proxinvest. Ce qui n’a pas empêché cette rémunération d’augmenter à un niveau proche de l’inflation dans le SBF 120 et bien au-delà dans le CAC 40, selon l’agence.
La rémunération des salariés à la traîne
Autre donnée intéressante du rapport : sur la période 2014-2021, la rémunération moyenne des dirigeants a augmenté de 83,8% contre 24% environ pour celle des salariés. La hausse s’effectue donc 3,5 fois plus vite pour les dirigeants. De quoi nourrir le débat sur la cohésion sociale dans les entreprises... Par ailleurs, contrairement à 2019, toutes les entreprises du CAC 40 ont désormais mis en place des critères ESG dans la rémunération variable de leur dirigeant. En moyenne, le poids de l’ESG dans la rémunération variable totale dépasse 19%.



