« L’intrapreneuriat vise à démontrer que l’on peut faire autrement, que l’on peut ouvrir des possibles nouveaux, au-delà des méthodologies codifiées, des process normés." Créer de la valeur en poussant les salariés à développer leurs propres projets, voilà la mission d’Olivier Leclerc, 48 ans.
Arrivé chez Safran en 2015 pour développer l’intrapreunariat, il a lancé fin 2018 le premier appel à projets au sein des équipes européennes de l’équipementier et motoriste avec succès : 120 propositions ont afflué. Au final, deux projets innovants vont être poursuivis, sur des durées comprises entre deux et cinq ans. Et Olivier Leclerc a lancé une deuxième saison l’été dernier, cette fois-ci pour tous les salariés du groupe. Il encadre l’ensemble de cette initiative, de son organisation au calendrier en passant par le soutien aux équipes participantes... quitte à bousculer les protocoles en interne via notamment des processus itératifs. "Le secteur aéronautique est relativement conservateur", tranche-t-il.
Lui connaît un autre registre : ingénieur diplômé Télécom SudParis en 1994, il a ensuite effectué une thèse de doctorat en physique avant d’intégrer les activités de recherche chez Alcatel-Alsthom. Il y a notamment mis en place un dispositif d’intrapreneuriat de 2008 à 2012. Changement de décor dans l’aéronautique. "Il est difficile de se remettre en question quand tout va bien et on prend le risque de casser une machine qui fonctionne bien", argue-t-il. Une mission qui revient à injecter de l’agilité dans une grande entreprise qui en fait parfois cruellement défaut.



