Organisé en trois grands chapitres - reconstruire, refonder et protéger - le plan de relance proposé par le Medef le 28 mai liste principalement un catalogue de mesures dans lequel le gouvernement pourra piocher, tout en affirmant quelques convictions. Le patronat prône une première salve de mesures pour redresser rapidement la consommation des ménages et reconstituer les trésoreries des entreprises. "Nous ne pouvons pas prendre le risque de rester dans une économie à -20 % pendant plusieurs mois" a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef.
Un coup de fouet à la consommation
Pour les ménages, il propose une mesure originale, d’inspiration belge selon lui, un "éco-chèque" du gouvernement, sous conditions de revenu. Il vise à faire ressortir l’épargne qui s’est accumulée pendant plus de deux mois (comme le gonflement de la collecte du livret A le montre) pour la réinjecter dans le circuit. L'éco-chèque ciblerait des dépenses plutôt locales et/ou en phase avec les enjeux de développement durable et serait conditionné à un engagement concomitant de dépenses du foyer d’un montant à déterminer. Le président du Medef a pris comme exemple : "de l’alimentation bio, des machines à laver plus économes en énergie, des travaux d’isolation thermique…pourdonner un coup de fouet à la consommation". Sont aussi proposés un déblocage anticipé de la participation et l’intéressement et l’exonération fiscale des dons familiaux pour favoriser des transferts intergénérationnels, dans une période où les jeunes risquent d’être fragilisés par le chômage.
Du côté des trésoreries des entreprises, le Medef propose pêle-mêle des remboursements anticipés du CIR, celui des créances de report en arrière des déficits de 2016 à 2019 ou l’étalement sur 36 mois des remboursements des charges qui ont été reportées .

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Miser sur l'offre
Au-delà, l’organisation patronale veut renforcer la politique de l’offre qui commençait à porter ses fruits. Avec un soutien des fonds propres des entreprises et une accélération du pacte productif pour améliorer l’attractivité du territoire. Geoffroy Roux de Bézieux estime qu’il faudrait "en finir immédiatement avec la C3S et abaisser la CET à 1,5 %", un effort qu’il chiffre à 5 milliards d’euros.
Le Medef reprend aussi à son compte la proposition de l’UIMM d’une alternative au chômage partiel qualifié de "dispositif anti-PSE." Il s’adresserait à des sites qui prévoient un niveau de commandes dégradées pendant quelques mois mais souhaite conserver leurs compétences. La proposition consiste en une indemnisation par l’Etat et l’Unedic du salarié qui travaille mais n’effectue pas 100 % de ses heures. "En cas de baisse de commandes, plutôt que de licencier 20 % du personnel, il vaut mieux baisser de 20 % le temps de travail de l’effectif et le compenser."
Le Medef estime aussi qu’il faut booster certains dispositifs. Sur le volet social, la participation et l’intéressement, sur le volet économique, le crédit impôt innovation, "pas assez connu des PME".
Préparer une économie décarbonée
Enfin, le Medef s’intéresse aussi à l’avenir avec des préconisations sur la jeunesse et la nécessité de lui léguer un appareil productif pour le monde qui vient. "Il ne faut pas qu’il y ait une génération Covid sacrifiée" s’est exclamé Geoffroy Roux de Bézieux en proposant une exonération de charges sociale pour le premier CDI et une prime à l’embauche d’un apprenti de 10 000 euros quel que soit le niveau de diplômes ou la taille des entreprises.
Au delà de crédits d'impôt pour la transition écologique, pour que l’économie décarbonée devienne une réalité, l'organisation plaide pour la mise en place d’un signal prix, "un véritable bouclier écologique pour l’Europe" par un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.



