L’heure est grave ! Et la métallurgie, qui peine souvent à recruter et investit plus que d’autres secteurs dans la formation, veut éviter un grand gâchis à cause de la crise, des plans sociaux à la pelle et des entreprises au tapis. "Nous sommes face à un risque de déclin historique de l'industrie. Dans la filière aéronautique, on est officiellement à - 60 % mais pour certains sous-traitants c’est beaucoup plus et l’automobile reprend très très progressivement. Nous avons monté un front commun avec nos partenaires pour sauver nos industries et nos emplois", justifie le délégué général de l’UIMM, Hubert Mongon.
La branche, qui a été l’une des premières à réaliser un guide sanitaire d’activité au temps du Covid, a présenté ce 19 mai de nouvelles propositions concrètes pour l’emploi et les compétences, portées par le patronat de l’UIMM et deux syndicats de la branche : FO Métaux et FGMM-CFDT, en attendant sans doute demain l'accord de la CFE-CGE Métallurgie.

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Alternative pour une reprise graduée de l'activité
L’une des idées les plus innovantes est de proposer, pour les entreprises qui le souhaitent, une alternative à l’activité partielle telle qu’elle a été mise en oeuvre dans l’état d’urgence sanitaire. Les salariés perçoivent actuellement 84 % de leur salaire net, payé par l’Etat et l’Unedic, et le reste à charge est nul pour les employeurs, si le salaire est en dessous de 4,5 fois le SMIC.
L’objectif de la nouvelle proposition de la métallurgie est de permettre aux entreprises de poursuivre une activité réduite, qui remonterait graduellement en charge, sans amputer la rémunération des salariés. Car le généreux dispositif actuel sera en sursis après le 1er juin.
Dans le projet de la métallurgie, les entreprises s’engageraient à maintenir au moins 60 % des heures contractuelles de leurs salariés et de son côté l’Etat et l’Unedic indemniseraient le salarié du restant des heures ou des jours non effectués. "Il faudra régler le curseur de cette indemnisation, et il y aura forcément une différence avec la rémunération d’un plein temps mais l’objectif est de l’atténuer", illustre Hubert Mongon. Par ailleurs, l’entreprise s’engagerait à garantir l’emploi pendant la durée de l’indemnisation, voire au-delà en fonction de sa situation économique. Et bien sûr à ne plus recourir au dispositif de chômage partiel. "Cela permet de tenir compte d’une baisse temporaire du niveau de commandes tout en ayant des amortisseurs car nous avons compris que le gouvernement va resserrer le dispositif d’activité partielle actuelle."
Selon l’UIMM, le nouveau dispositif serait plus économique pour l’Etat et il s’appuierait aussi sur la contribution de l’Unedic qui est alimentée par les cotisations des entreprises. Dans cette configuration, l’indemnisation ne pourrait alors porter sur plus de 40 % du salaire, et non pas 50 % voire 100 % comme cela a pu être le cas au début de la crise avec l’activité partielle. Par ailleurs, l’usage de ce nouveau dispositif, à la main des entreprises, interdirait d’y recourir. L’attractivité pour les salariés dépendra du taux d'indemnisation décidé. Et favorisera dans tous les cas la sécurité des emplois.
Attention à ne pas couper trop vite l'existant
La métallurgie plaide par ailleurs pour que les entreprises qui n’ont pas les moyens d’assurer un minimum d’heures puissent encore bénéficier de l’activité partielle exceptionnelle jusqu’au mois de décembre. Un vœu pieux puisque le ministère du Travail réfléchit déjà à augmenter le reste à charge et/ou réduire le plafond dans un calendrier beaucoup plus court (sauf pour les secteurs frappés de fermetures administratives).
Ne pas oublier les jeunes
L’autre volet du projet de la métallurgie porte sur le recrutement et la formation. La métallurgie propose d’accélérer sur l’aménagement de retraites progressives pour pouvoir intégrer des jeunes, tout en réalisant le transfert de compétences. Selon le délégué général, "Il faut réfléchir aux dispositifs précis mais l’idée est d’accompagner le départ à la retraite de certains baby boomers pour permettre aux jeunes de s’insérer dans le monde professionnel dans un contexte difficile". Le projet évoque "un système de solidarité d’aménagement de fin de carrières (par exemple deux départs pour une embauche)". Est aussi poussé un plus grand usage du prêt de main d’œuvre entre entreprises de la filière et même au-delà, en contractualisant les démarches. Enfin, la filière estime qu’il ne faut pas casser la dynamique qui était en cours sur l’apprentissage. Il faudrait ainsi provisoirement accueillir des jeunes dans les CFA (Centres de formation en apprentissage) même s’ils n’ont pas d’entreprise pendant une durée de 10 mois à compter de la prochaine rentrée scolaire "car ce sont les premiers postes qui sont coupés dans les entreprises", analyse Hubert Mongon. L’Etat de son côté lancerait un grand plan pour réduire le coût de recrutement des apprentis.
Côté formation, la métallurgie estime qu’il faut permettre de nouveau aux entreprises de 50 à 300 salariés d’avoir accès aux fonds mutualisés de la formation et que le compte personnel de formation, aujourd’hui à la main des salariés, puisse faire l’objet de co-construction de parcours avec l’employeur.



