Rien à se reprocher, ou presque. Lorsque Bruno Le Maire regarde dans le rétroviseur, le ministre de l'Economie n'a que des louanges à se faire. "On a fait un super boulot", assure-t-il lors d'une rencontre devant des journalistes. "La gestion de la crise a été un modèle de politique publique". Avant cela, la loi Pacte et la baisse des impôts sur le capital ont bâti de "bonnes bases", ajoute-t-il.
Les indicateurs économiques lui donnent plutôt raison. Au deuxième trimestre, la croissance a atteint 1,1%, plus que prévu. Le taux de chômage est repassé sous son niveau de fin 2019. Une bonne nouvelle aussi pour les comptes publics : la croissance plus forte devrait générer des recettes fiscales meilleures que prévu cette année, ce qui devrait laisser un peu de marges de manœuvre pour de nouvelles dépenses, comme l'extension du revenu d'engagement pour les jeunes, pour l'ultime projet de loi de finances du quinquennat.
La dégradation du commerce extérieur, priorité du prochain quinquennat
Dans ce tableau rose, Bruno Le Maire ne voit qu'un seul point noir : la dégradation du commerce extérieur. Pour le ministre de l'Economie, la réussite économique du prochain quinquennat devra être jugée sur le redressement de la balance commerciale. "Les chiffres sont sans appel. Depuis 22 ans, elle n'a cessé de se dégrader", pointe Bruno Le Maire, pour lequel "cela traduit une évolution de l'économie défavorable. Cela veut dire une économie qui serait exclusivement de services, mais qui ne serait plus agricole ni industrielle. Il faut une industrie manufacturière, il faut retrouver de la valeur ", martèle le ministre.

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Au premier semestre, le déficit de la balance commerciale avoisine 35 milliards d'euros, aggravé par la flambée de la facture énergétique. Le commerce extérieur n'est pas pour autant une préoccupation nouvelle. En 2012, le précédent gouvernement s'était déjà fixé comme objectif d'équilibrer la balance commerciale de l'industrie. Sans grand succès.
Présentation repoussée à mi-octobre pour le plan d'investissement
Le ministre de l'Economie compte sur les nouvelles filières industrielles soutenues par le plan d'investissement que peaufine Bercy en ce moment. Sa présentation a été reportée à mi-octobre, contre mi-septembre évoqué jusque-là.
Le gouvernement veut se donner le temps de la concertation avec les industriels pour finaliser le choix des filières à soutenir. "Rien ne presse", avait assuré Bruno Le Maire devant les patrons lors de la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef fin août à Paris. Résultat, il sera dévoilé après la présentation du budget pour 2022, détaillé en conseil des ministres fin septembre. Le gouvernement prévoit de le réintroduire au moment du débat parlementaire, par amendement.
L'enveloppe devrait en revanche bien être proche de 30 milliards d'euros. Les arbitrages définitifs n'ont pas encore été actés. Bruno Le Maire a transmis fin juillet à Emmanuel Macron un dossier de 70 pages, très détaillé, sur les filières à fort potentiel qui ne pourront voir le jour sans un fort soutien de l'Etat. "Depuis 30 ans, la France vit sur quatre filières : la cosmétique, le luxe, l'agro-alimentaire et l'aéronautique", souligne Bruno Le Maire, qui rappelle qu'aucune nouvelle filière majeure n'a été créée sur la période.



