C'est la fin d'un interminable suspense. Après plusieurs reports, le conseil d'administration d'Atos a enfin annoncé le 11 juin le projet choisi pour sa reprise : l'offre portée par le "consortium Onepoint" s'est imposée face à celle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Mené par le président-fondateur de l'entreprise de conseil en numérique David Layani avec Econocom, le fonds Butler Industries et certains créanciers du groupe en déroute, le plan de restructuration va désormais faire l'objet d'une procédure accélérée pour être mis en oeuvre "d'ici juillet 2024", prévient l'entreprise dans un communiqué.
Un projet en majorité financé par la dette
Après de vives tractations des deux candidats, l'offre de David Layani s'est imposée comme "la mieux orientée en matière d’intérêt social de la Société, en particulier de ses employés et de ses clients", font savoir les dirigeants. La volonté de l'entrepreneur de conserver l'intégrité du groupe a ainsi eu les faveurs du conseil d'administration, alors que Daniel Kretinsky ne cachait pas ses intentions de démantèlement.
Estimée "globalement conforme aux principaux paramètres financiers présentés en avril", elle profite "du soutien d’un grand nombre de créanciers financiers d’Atos et assure ainsi avec plus de certitude la conclusion d’un accord définitif de restructuration financière", fait aussi savoir la direction de l'ex-fleuron, acteur clé des Jeux olympiques de Paris 2024. Reste désormais à signer un accord définitif de restructuration financière, qui devra être mis en oeuvre via une procédure accélérée d'ici au mois juillet.
L'offre de David Layani comporte l'apport de 1,5 milliard d'euros de dette et 250 millions d'euros de fonds propres (175 provenant du consortium, le reste apporté par les créanciers). 2,9 milliards d'euros de dette existante seront, eux, "à convertir en fonds propres".

- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 0.2-33.33
Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 1.1711+0.22
10 Avril 2026
Dollar Us (USD) - quotidien$ USD/€
La fin de plusieurs années de déroute ?
C'est la fin d'un pénible feuilleton, entamé en 2021 avec de premières réserves sur les finances de l'entreprise puis, en septembre, sa sortie du CAC 40. En juin 2022 émerge l'idée – plus tard abandonnée – d'une scission du groupe, avant que des candidats repreneurs se fassent connaître début 2024. David Layani et Daniel Kretinsky étaient parmi les premiers à se manifester.
Le choix de David Layani, s'il exclut un démantèlement du groupe, ne met pas fin aux inquiétudes des salariés. «Sur le papier, le plan de David Layani est séduisant car il porte un projet industriel, expliquait fin mai Karine Dran, coordinatrice de la CFE-CGC au niveau du groupe, à L’Usine Nouvelle. Sur le plan social, il est le plan qui présente le moins de risques pour les salariés puisqu’il conserve toutes les activités. Mais il soulève des interrogations de viabilité sur le plan financier. Nous sommes chez Atos, où la direction ne joue pas la transparence sur la réalité des chiffres. Que se passerait-t-il demain si David Layani découvrait une situation plus difficile que prévu ? Aurait-il dans ce cas les moyens d’y faire face ?» La situation devrait s'éclaircir à l'été.



