Un sérieux coup de frein. En 2023, le commerce mondial n'a progressé que de 0,8%. Ce n’est pas le début d’une démondialisation, comme le répète Ngozi Okonjo-Iweala, la directrice générale de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce. Mais sous la pression des tensions géopolitiques et de la rivalité sino-américaine, les échanges se reconfigurent.
L’OMC estime que les chaînes d’approvisionnement, même si elles restent complexes, tendent à se raccourcir. L’un des indicateurs en est la part des produits intermédiaires dans les échanges. Depuis la fin 2022, elle est tombée sous les 50%, contre 51% au cours des trois dernières années.
Autre évolution de taille : le commerce se fait davantage entre pays «amis». Les échanges au sein de groupes d’alliés, en étudiant les votes de résolutions à l’ONU, ont progressé plus vite que ceux entre blocs, de 4 à 6 %. «La réalité est plus complexe», considère Sébastien Jean, chercheur au conservatoire des Arts et métiers. La part de la Chine dans les importations américaines a reculé de 22 % en 2017 à 13,5 % sur les huit derniers mois.
Mais le découplage ne veut pas dire la fin des vulnérabilités. Les échanges américains se sont reportés vers le Vietnam, le Mexique et les autres pays d’Asie. «Les exportations chinoises vers ces pays de pièces et de composantes ont progressé en parallèle. Les dépendances indirectes n’ont pas été réduites», considère le chercheur.



