Le CNRS est à la pointe de la science... et de la bonne gestion financière. Trop, s’étonne la Cour des comptes qui, d’habitude, fustige plutôt des dépenses immodérées. Elle constate, dans un rapport publié fin mars, un surplus de trésorerie de 1,4 milliard d’euros fin 2023 dans les comptes de l’institution scientifique – soit trois fois plus qu’en 2013.
Une somme coquette au regard des 4 milliards d’euros de budget annuel du plus grand organisme de recherche public français, issue principalement d’une envolée des revenus gagnés en propre par l’organisme public (facturation des plateformes technologiques, financement de projets nationaux et européens). Les raisons de cette non-dépense sont liées à une gestion de trésorerie le plus souvent réalisée au niveau de chaque équipe de recherche. Celles-ci ignorent l’ensemble des ressources financières disponibles dans leur domaine, ce qui freine la décision d’achats pour les matériels les plus onéreux alors que ceux-ci pourraient être mutualisés. Les magistrats proposent le lancement d’un vaste plan d’investissement à dix ans, fléché par les instituts vers les matériels de recherche les plus importants en créant un comité stratégique chargé de fixer les grands caps de gestion de l’organisme.

Vous lisez un article du numéro 3742 de L'Usine Nouvelle - Mai 2025



