La start-up basque Purenat dépollue l’air à la lumière

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PureNat
Ce textile innovant a des vertus dépolluantes.

C'est une innovation de rupture dans le domaine du traitement de l’air que Purenat a mise au point. Avec son nouveau matériau, la start-up basque, basée à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) propose une alternative au charbon actif utilisé dans les filtres de ventilation et de purificateur d’air. Ces médias filtrants se retrouvent en nombre dans les bâtiments, les voitures et les ateliers de production pour capter les odeurs, les allergènes et les composés organiques ­volatils (COV).

La qualité de l’air intérieur est un sujet de santé publique. «En France, cette pollution est responsable de 20 000 morts par an. Dans le monde, elle est la quatrième cause de décès», indique Manon Vaillant, ingénieure en biotechnologie et cofondatrice de Purenat. La protection au charbon actif est toutefois loin d’être la panacée. Très peu recyclable en fin de vie, ce dernier doit régulièrement être renouvelé. «L’encrassement des filtres génère jusqu’à 30 % des consommations énergétiques d’un bâtiment», précise Manon Vaillant.En outre, sa matière carbonée pèse sur les objectifs climatiques des entreprises.

Inventé par l'autre fondatrice de la start-up, Natacha Kinadjian Caplat, docteure en physico-chimie des matériaux, le filament de Purenat combine légèreté, efficacité et durabilité. Bio-inspiré, il ressemble à du fil de coton et sa structure tridimensionnelle imite les alvéoles des algues marines pour maximiser les échanges entre l’air et le matériau actif. Le semi-produit est fabriqué à partir d’une formule à base de polypropylène qui, une fois transformée en rouleau textile via une technique de fabrication non tissée, est rendue active grâce à un procédé physique dont seul Purenat a le secret. «L’action de dépollution s’effectue sous l’effet de lumière LED, explique Manon Vaillant. Lorsque l’agent photocatalytique est éclairé, il déclenche une réaction d’oxydation qui transforme les molécules organiques (COV, bactéries, virus…) en vapeur d’eau et CO2.»

Destruction des polluants

Autrement dit, plutôt que de stocker les polluants, le matériau les capte et les détruit sans perte d’efficacité dans le temps. Une première qui s'appuie sur une technologie existante, mais améliorée. Jusqu’à présent, la pièce recouverte par ce type d’agent photocatalytique se dégradait au passage de l’air, générant des nanoparticules nocives pour la santé. «Natacha Kinadjian Caplat a réglé le problème. En produisant le matériau directement à partir de l’agent chimique, il n’y a plus d’érosion», souligne Manon Vaillant.

L’innovation est aussi présentée comme plus prometteuse que les technologies UV-C et plasma. «Elles ont toutes deux tendance à générer de l’ozone. En plus, la première implique des lampes à mercure et n’est pas efficace contre les COV. La seconde est coûteuse et complexe à mettre en place.» Fondé en 2020, Purenat compte six salariés. Après deux ans de financement public, la start-up a bouclé en mars sa première levée de fonds de 1,1 million d’euros qui lui permettra de passer à l’échelle industrielle début 2024.

Concurrents

Afpro Filters (Pays-Bas)

France Euromate (France)

InnovAir (France)

Mann+Hummel (Allemagne)

Pemflow (France)

 

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