Ces dernières années, de nouveaux décrets ont durci la surveillance de la qualité de l’air pour les établissements recevant du public, et imposé des valeurs-guides pour certains composés organiques volatils (formaldéhyde et benzène). Les industriels s’adaptent. « Nous intégrons la technologie Activ’Air aux matériaux à base de plâtre installés sur les parois murales ou les plafonds », détaille Raphaël Brun, ingénieur de recherche à Saint-Gobain Research Paris. Grâce à l’incorporation d’un additif propriétaire, le formaldéhyde est converti en composé inerte par réaction chimique. Une étude en laboratoire démontre une efficacité d’élimination du formaldéhyde d’au moins 65 % pendant cinquante ans.
« Il y a un changement de paradigme depuis une dizaine d’années, constate Frédéric Thevenet, professeur à l’IMT Nord Europe. Nous sommes passés de dispositifs actifs à une explosion de la R & D consacrée aux dispositifs passifs. » Si les premiers reposent sur une circulation active de l’air à travers un module de traitement, les systèmes passifs – comme les plaques de plâtre – utilisent la circulation naturelle de l’air pour atténuer les pics de pollution. À la clé : une consommation énergétique nulle et une utilisation simplifiée. « Les technologies de remédiation sont bien connues, la R & D vise surtout à optimiser la mise en œuvre des systèmes pour garantir leur efficacité. »
Réaliser des évaluations en conditions réelles, un enjeu majeur
Mais la dépollution active n’a pas dit son dernier mot. La deeptech Purenat a ainsi mis au point un filtre en textile non-tissé composé d’un fil contenant un agent photocatalytique. Si la photocatalyse est utilisée depuis les années 1970, l’incorporation de l’agent actif dans la matrice du filtre permet, selon l’entreprise, « de pallier les défauts actuels de la photocatalyse ».
D’autres n’hésitent pas à s’attaquer à la pollution extérieure. Aérophile propose Para-PM, un module dépolluant 3 600 m3 d’air par heure grâce à un filtre électrostatique à trois étages breveté et un procédé d’ionisation. La société garantit une élimination de 90 % des particules fines PM10 et PM2,5. « Prouver l’efficacité des dispositifs de remédiation en conditions réelles est l’un des principaux enjeux de la recherche aujourd’hui, indique Frédéric Thevenet. Face à la diversité des équipements proposés, nous devons être capables de recréer des atmosphères réalistes à l’échelle 1:1 et déployer des instruments pertinents d’évaluation. »



