Dépollution de l’air : une efficacité qui reste à prouver

La R & D sur la dépollution de l’air intérieur fait de plus en plus la part belle aux dispositifs passifs. Mais, actives ou passives, les technologies sont encore peu évaluées en conditions réelles.

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Aerophile
Aérophile propose Para-PM, une solution de dépollution de l'air extérieur sous la forme de structures métalliques de type abribus. Celle-ci consiste à ioniser l’air ambiant pour aspirer et piéger les particules environnantes. Elle a été retenue dans le cadre de l'appel d'offres pour l'aménagement du futur village des athlètes des JO de Paris 2024.

Ces dernières années, de nouveaux décrets ont durci la surveillance de la qualité de l’air pour les établissements recevant du public, et imposé des valeurs-guides pour certains composés organiques volatils (formaldéhyde et benzène). Les industriels s’adaptent. « Nous intégrons la technologie Activ’Air aux matériaux à base de plâtre installés sur les parois murales ou les plafonds », détaille Raphaël Brun, ingénieur de recherche à Saint-Gobain Research Paris. Grâce à l’incorporation d’un additif propriétaire, le formaldéhyde est converti en composé inerte par réaction chimique. Une étude en laboratoire démontre une efficacité d’élimination du formaldéhyde d’au moins 65 % pendant cinquante ans.

« Il y a un changement de paradigme depuis une dizaine d’années, constate Frédéric Thevenet, professeur à l’IMT Nord Europe. Nous sommes passés de dispositifs actifs à une explosion de la R & D consacrée aux dispositifs passifs. » Si les premiers reposent sur une circulation active de l’air à travers un module de traitement, les systèmes passifs – comme les plaques de plâtre – utilisent la circulation naturelle de l’air pour atténuer les pics de pollution. À la clé : une consommation énergétique nulle et une utilisation simplifiée. « Les technologies de remédiation sont bien connues, la R & D vise surtout à optimiser la mise en œuvre des systèmes pour garantir leur efficacité. »

Réaliser des évaluations en conditions réelles, un enjeu majeur

Mais la dépollution active n’a pas dit son dernier mot. La deeptech Purenat a ainsi mis au point un filtre en textile non-tissé composé d’un fil contenant un agent photocatalytique. Si la photocatalyse est utilisée depuis les années 1970, l’incorporation de l’agent actif dans la matrice du filtre permet, selon l’entreprise, « de pallier les défauts actuels de la photocatalyse ». 

D’autres n’hésitent pas à s’attaquer à la pollution extérieure. Aérophile propose Para-PM, un module dépolluant 3 600 m3 d’air par heure grâce à un filtre électrostatique à trois étages breveté et un procédé d’ionisation. La société garantit une élimination de 90 % des particules fines PM10 et PM2,5. « Prouver l’efficacité des dispositifs de remédiation en conditions réelles est l’un des principaux enjeux de la recherche aujourd’hui, indique Frédéric Thevenet. Face à la diversité des équipements proposés, nous devons être capables de recréer des atmosphères réalistes à l’échelle 1:1 et déployer des instruments pertinents d’évaluation. »

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