Recyclage des plastiques : l’Ifpen souligne les efforts de R&D nécessaires

Alors que les normes européennes vont prochainement se durcir concernant le recyclage des plastiques, et que la France accuse un certain retard, l’Ifpen a tenu une table-ronde sur les perspectives du secteur le 2 juillet, à Paris. L’occasion pour différents acteurs de l’industrie de présenter leurs projets de R&D sur le recyclage.

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Table ronde Ifpen recyclage plastiques
L'Ifpen a réuni des acteurs du secteur du recyclage des plastiques pour aborder les perspectives du secteur. De gauche à droite : Mickaele Le Ravalec (directrice économie et veille, Ifpen), Catherine Klein (directrice générale, Valorplast), Stéphane Fédou (vice-président économie circulaire des plastiques, Axens) et Frédéric Feugnet (responsable de programme recyclage des plastiques, Ifpen).

En 2030, par son règlement Packaging and packaging waste, l’Union européenne imposera que l’ensemble des emballages plastiques de son marché soit possiblement recyclable. Ceci tout en augmentant progressivement le taux de matières recyclées dans les emballages produits (30 % dans les bouteilles en plastique, par exemple). Aussi, le taux effectif du recyclage des emballages plastiques devra grimper à 55 %. Alors qu’aujourd’hui, celui-ci culmine à seulement 25 % en France, il est nécessaire de faire évoluer les capacités et procédés de recyclage. C’est en tout cas le constat dressé par l’Ifpen et ses partenaires industriels et académiques au cours d’une table-ronde qui s'est tenue le 2 juillet à Paris. Au programme, les technologies de recyclage du plastique, leur développement et les défis que le secteur rencontre.

Améliorer le recyclage des emballages alimentaires

Aujourd’hui, environ 40 % des emballages plastiques jetés en France sont envoyés vers des centres de tri et du recyclage, estime Catherine Klein, directrice générale de Valorplast, organisme de soutien au recyclage de ces emballages par l’industrie plastique française. « Lorsque l’on comptabilise réellement les paillettes et granulés (produits du recyclage mécanique des emballages, ndlr) qui vont effectivement redevenir du plastique, en retirant les produits indésirables, l’humidité ou les restes alimentaires, ce taux tombe à 25 % », explique-t-elle. « Il y a un travail à faire, au niveau de chaque industriel, pour concevoir des emballages pouvant s’intégrer dans les filières de recyclage, que ce soient les filières de recyclage mécanique existantes ou les nouvelles filières de recyclage avancé qui vont être mises sur pied d’ici 2030 »

Valorplast participe notamment à 2 projets de R&D, dans le but de faire progresser le recyclage de certains emballages alimentaires. Lancé en 2024, le projet Circulait-PE vise à recycler les bouteilles de lait contenant du polyéthylène haute densité (PEHD). Ce projet est mené en partenariat avec TotalEnergies et l’institut professionnel du lait de consommation (IPLC). « L’enjeu, c’est de rendre les bouteilles de lait en PEHD recyclables, pour pouvoir réintégrer du PEHD dans ces bouteilles en 2030 », détaille Catherine Klein. « Aujourd’hui, le PEHD sorti du recyclage mécanique n’est pas forcément recyclable : il est plutôt réutilisé dans d’autres types de produits [non alimentaires, ndlr] ». Un second projet, baptisé RecaPP, consiste à étudier la faisabilité du recyclage d’emballages alimentaires (comme des barquettes) faites de polypropylène (PP). Ce projet est une collaboration entre Valorplast, l’entreprise fabricante d’emballages thermoformés Faerch et le centre technique industriel de la plasturgie et des composites (IPC).

Le recyclage avancé pour les plastiques complexes

« À l’Ifpen, nous travaillons sur le recyclage avancé, pour traiter les plastiques complexes. Ceux-ci représentent environ 90 % des plastiques à gérer », présente ensuite Frédéric Feugnet, responsable du programme recyclage des plastiques à l’Ifpen. Les plastiques complexes sont des polymères contenant des additifs, qui servent à leur conférer des propriétés particulières (coloration, fixation, retardateur de flammes, etc.). « Le but du recyclage avancé est d’éliminer ces additifs pour revenir au polymère « brut », de manière à ce qu’il puisse être réutilisé », détaille Frédéric Feugnet.

Depuis 2013, l’Ifpen est acteur d’une dizaine de projets sur la thématique, et s’appuie notamment sur un démonstrateur de recyclage du polytéréphtalate d’éthylène (PET) complexe, démarré fin 2023 en collaboration avec sa filiale Axens, chargée de déployer les technologies développées par l’Ifpen, et le recycleur japonais Jeplan. « La stratégie que nous avons développée concernant le recyclage avancé vise à arriver à un élément nécessitant le moins d’étapes de transformation pour arriver au produit final », décrit Frédéric Feugnet. Pour y parvenir, l’Ifpen mise sur différents procédés, et notamment la déformulation, une séparation physique des additifs et des polymères, ou la dépolymérisation, permettant de revenir aux monomères initiaux. « La voie simple de déformulation n’est pas toujours possible. C’est le cas avec le PET complexe, par exemple », indique Frédéric Feugnet.

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