L’économie circulaire, ce n’est pas uniquement le recyclage et la réutilisation de matières plastiques et métalliques. Les boues issues des stations d’épuration sont aussi valorisables pour éviter de polluer les champs avec les intrants chimiques et fossiles (pesticides, engrais, phytosanitaires…). Aujourd’hui, en France, elles remplacent la production de 6 000 tonnes d’azote de synthèse et l’extraction minière de 8 000 tonnes de phosphore. Et pour accélérer le développement de cette filière nécessaire à la transition écologique de l’agriculture, les différents acteurs de la chaîne doivent pouvoir collaborer et s’assurer d’une traçabilité totalement fiable.
"Nous avons lancé cette solution de blockchain pour l’économie circulaire. C'est une étape importante en termes de traçabilité sur les problématiques environnementales, explique Diane Galbe, directrice adjointe du groupe Suez en charge de la Business Unit Smart & environnemental solutions. La chaîne doit être infalsifiable et elle est sans intermédiaire. Elle est limitée au producteur de boues, au transporteur et à l’agriculteur."
Une blockchain pour les déchets dangereux
La blockchain enregistre au fil de l’eau l’ensemble des transactions des boues de stations d’épuration, de la production au retour au sol. Cette solution développée par Suez avec Crystalchain, start-up parisienne spécialisée dans les solutions de traçabilité et de blockchain, a déjà été lancée dans l’ouest de la France et concerne deux laboratoires et 130 agriculteurs. Les acteurs de la chaîne utilisent le portail SludgeAdvanced de Suez pour accéder aux informations. Les agriculteurs ont des garanties sur la qualité des boues et le producteur de cette matière supervise le processus de valorisation.

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"La traçabilité fait partie de nos métiers, mais nous allons encore plus loin. Nous passons de la notion de transparence à la notion de confiance pour l’économie circulaire", se félicite Antoine Lefeuvre, chief digital officer qui a piloté le projet pour Suez.
L'industriel va déployer sa solution dans cinq autres "régions" agricoles d’ici la fin de l’année, et dans les prochains mois une application de cette blockchain concernera le traitement des déchets dangereux.
Suez se targue d’investir 120 millions d’euros par an dans l’innovation, "plus que nos concurrents et cette semaine, nous avons annoncé que les investissements en R&D seraient augmentés", précise Diane Galbe. De quoi rassurer ceux qui pensent que Suez est en train de céder des pans entiers de ses activités. La direction rappelle que toutes les décisions de cession ont été annoncées lors de la présentation en 2019 du plan stratégique "Shaping Suez 2030" et ne sont pas précipitées.



