Renault sur la route de la blockchain. Le constructeur a annoncé, jeudi 10 septembre, avoir testé une solution blockchain en partenariat avec IBM et plusieurs fournisseurs clé. L’objectif : "garantir la traçabilité des éléments relatifs à la conformité des véhicules", explique Vincent Fournier, senior manager blockchain dans l’entreprise américaine.
Le projet est développé depuis fin 2018 et a été testé dans l’usine Renault de Douai (Nord) avec plusieurs équipementiers : Continental, Faurecia, Plastic Omnium et Saint-Gobain. "La solution prend la forme d’un portail web qui permet aux fournisseurs et à l’assembleur de vérifier et d’ajouter des informations relatives à un véhicule ou un lot", précise Vincent Fournier.
500 transactions par seconde
Dénommé XCeed,le système a été mis en place afin "d’être plus réactif et plus efficient dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant, rappelle Renault dans un communiqué. Un nouveau règlement pour la surveillance du marché est en effet entré en vigueur le 1er septembre et implique une multiplication des contrôles réglementaires des véhicules."
La solution permet d’obtenir toutes les informations d’un véhicule donné : "les tests effectués après l’assemblage final, mais aussi chez les fournisseurs au cours de sa fabrication, jusqu’aux matières premières", souligne Vincent Fournier. Une centralisation et une homogénéisation des données qui facilitent la réponse à ces nouvelles normes. Et qui permet à chaque acteur de la chaîne d’ajouter des informations de manière indépendante, à une vitesse de 500 transactions par seconde.
La plateforme permet ainsi de regrouper les informations relatives à la conformité de certaines pièces critiques d’un véhicule : serrage d’un boulon, résultat d’un test... "Les informations peuvent être transmises automatiquement par le système d’information d’une usine à la plateforme, explique l’expert d’IBM. Mais le contrôleur qualité d’un atelier peut aussi saisir différentes informations manuellement."
Conçu pour toute la chaine de valeur
Hébergé dans le cloud d’IBM, le système est basé sur la blockchain Hyperledger Fabric, une technologie open source développée par la fondation Linux. Une solution tournée vers les entreprises qui "apporte un haut niveau de sécurité dans les échanges inter-établissements", précise Vincent Fournier.
Réservé à des fournisseurs majeurs de Renault, XCeed a cependant été pensé pour s’intégrer dans des structures de taille inférieure, pour équiper toute la chaîne de valeur. Mais rien ne dit que cet essai donnera lieu à une adoption globale de la blockchain par le constructeur.



