Analyse

[Coronavirus] La mondialisation contaminée par la peur

L'épidémie de Covid-19 survient à un point particulièrement vulnérable du cycle économique. Analyse.

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Le coronavirus perturbe l'ensemble de l'économie mondiale.

L'épidémie du coronavirus qui s’est déclarée en Chine début janvier va-t-elle se transformer en pandémie ? Alors que le nombre de nouvelles contaminations semble avoir atteint un pic dans l’ex-empire du Milieu, le Covid-19 se propage désormais à travers l’Europe ainsi qu’en Amérique latine. Considérant le poids croissant de la Chine dans l’économie mondiale (16 % du PIB en 2019, contre 3,7 % en 2000), cette crise sanitaire se transforme en catastrophe économique.

'Il n’y a pas de précédent récent d’un événement exogène de telle ampleur dans le monde, en période de paix, qui soit aussi important en termes de répercussions économiques', décrypte Sébastien Jean, le directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).

L’épidémie de Covid-19 survient à un point particulièrement vulnérable du cycle économique. La production mondiale n’a augmenté en 2019 que de 2,9 %, le rythme le plus lent depuis la crise financière de 2008-2009. La paralysie de l’économie chinoise, due aux mesures de quarantaine, de limitation des déplacements et de fermetures d’usines, semble s’atténuer. Mais la reprise est poussive. Les conjoncturistes les plus pessimistes prévoient un recul de 2 points du PIB de la deuxième économie de la planète, de 6 à 4 %. Le Fonds monétaire international estime que la croissance mondiale sera amputée de 0,1 point de PIB, à 3,2 %.

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Cette crise a un impact à la fois sur la demande et sur l’offre. Les consommateurs chinois alimentent la croissance de l’Asie à l’Amérique du Nord, en passant par l’Europe. Les entreprises manufacturières du monde entier sont liées à la Chine par des chaînes d’approvisionnement tentaculaires, qui s’appuient sur les usines du pays pour de nombreux produits intermédiaires et finis. Les pays les plus touchés sont Hongkong, la Corée du Sud et le Japon. En zone euro, l’Allemagne, dont les exportations vers la Chine représentent 3 % du PIB, et l’Italie, qui risque de plonger en récession, sont menacées.

En France, les secteurs les plus atteints sont l’hôtellerie et la restauration (les touristes chinois dépensent 4 milliards d’euros par an), le textile, l’électronique, le luxe, la chimie... Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, avait d'abord estimé que l’épidémie diminuerait de 0,1 point la croissance économique française cette année, tout en maintenant sa prévision de hausse du PIB de 1,3 %. Ce 2 mars, il a reconnu que l'impact réel serait "beaucoup plus significatif" qu'anticipé.

"Les relances budgétaires sont peu efficaces pour remédier aux blocages dans la production, souligne Sébastien Jean. La priorité est d’accompagner les entreprises pour éviter des problèmes de liquidités." Message reçu par Bercy. Toutes les mesures d’étalement de charges fiscales et sociales, d’activité partielle et de dérogations sur les heures supplémentaires, qui avaient déjà été mises en place lors du mouvement des Gilets jaunes et des grèves contre la réforme des retraites, sont maintenues.

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