Le Covid-19 et le confinement ont mis les chaînes d’approvisionnement sous tension dans de nombreux secteurs de l’industrie française, y compris dans des domaines stratégiques. Que représentent les importations dans ces catégories prioritaires ? Le cabinet de conseil PwC et le Conseil national des achats (CNA) ont consacré une étude au sujet. Selon eux, le “montant importé et potentiellement relocalisable en France” représente 115 milliards d’euros.
Ces 115 milliards d’euros englobent 58 catégories de produits appartenant à quatre secteurs : la santé/pharmaceutique (le plus important), l’agroalimentaire, l’électronique et les industries de process et d’emballage. Seulement à eux quatre, ces domaines représentaient 70 % des importations françaises en 2018.
Les achats stratégiques importés par la France
Quels types de produits retrouve-t-on ? PwC et le CNA mentionnent les cellules de batteries lithium-ion, les composants électroniques, les semi-conducteurs ou encore les produits d’injection plastique.

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En 2018, les produits pharmaceutiques représentaient plus particulièrement 26 milliards d'euros d'importations, dont 26 % en-dehors de l'Europe. L'étude identifie de nombreux produits à fort niveau de "criticité de relocalisation" : les anticorps monoclonaux, les antibactériens et les antibiotiques (1,8 milliard d'euros d'importations en 2018), les médicaments contenant des alcaloïdes ou leurs dérivés (10,6 milliards d'euros), les médicaments du diabète ou encore certains dispositifs médicaux (seringues, robots chirurgiens...).
Un potentiel d'au moins 75 000 emplois directs
“Le succès d’une relocalisation dépend de la combinaison de plusieurs facteurs et notamment les coûts de production, les compétences disponibles, l’écosystème de fournisseurs, l’environnement réglementaire, le financement de l’investissement”, conviennent PwC et le CNA. Malgré tout, les auteurs de l’étude assurent avoir réalisé “un premier travail d’identification de ces facteurs de succès”. Au terme de ce chantier, les analystes ont identifié des catégories de produits “les plus propices et les plus prioritaires” pour des relocalisations. “Ces résultats constituent le point de départ pour des études d’investissement et d’implantation à venir”, encouragent les auteurs.
Leur principal argument ? L’emploi. En relocalisant uniquement 20 % de ces 115 milliards d’euros d’achats stratégiques, la France pourrait créer plus de 75 000 emplois directs et 220 000 emplois indirects. Si 100 % de ces achats étaient relocalisés, on dénombrerait donc 375 000 emplois directs.
"Il y a un enjeu stratégique sur la filière recyclage et emballages, notamment pour développer des monomatériaux. La Chine s’empare du sujet. À nous de nous positionner sur l’ensemble de la filière de l’amont à l’aval. Sur le secteur des batteries, la compétence est présente en France et en Europe, tout le défi est de collaborer. Il y a également un potentiel sur la santé et l'innovation : nous avons les compétences”, estime dans un communiqué Isabelle Carradine, associée chez PwC France et Maghreb.



