La France en "guerre économique", le détail des 45 milliards d'euros de mesures pour les entreprises et les salariés

[ACTUALISÉ le 20 mars] Le ministre de l'Economie ne l'a pas caché : la France va plonger en récession en 2020. Pour aider les entreprises à faire face à la chute ou l’arrêt pur et simple de leur activité, l’Etat va mobiliser, de manière "immédiate", 45 milliards d’euros. Une approche par grands secteurs industriels sera également engagée. Objectif : maintenir la capacité des entreprises à redémarrer leur activité lorsque la crise sera passée.

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Bruno le Maire
Le gouvernement table désormais sur une croissance de -1 % en 2020, c’est-à-dire une croissance négative, a indiqué le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

[Actualisation du 20 mars] Le 19 mars, le gouvernement a annoncé deux mesures complémentaires. D'une part, la mise en place d'une réassurance publique sur les encours d'assurance-crédit à hauteur de 10 milliards d'euros. D'autre part, la mise en place d'une réassurance des crédits-export de court terme à hauteur de 2 milliards d'euros (via le dispositif "Cap France export, lancé en octobre 2018). 

"La lutte économique et financière contre le coronavirus sera durable et violente. Elle mobilisera toutes nos forces", a assuré Bruno Le Maire, lors d’une conférence téléphonique le mardi 17 mars 2020. Au lendemain des annonces du Président de la République, le ministre de l’Economie a précisé le contenu des dernières mesures prises par le gouvernement pour aider les entreprises à faire face à la chute ou l’arrêt pur et simple de leur activité. Car le locataire de Bercy ne l’a pas caché : la France va plonger en récession en 2020. Le gouvernement table en effet désormais sur une croissance de – 1 % en 2020, c’est-à-dire une croissance négative. Cette prévision est "provisoire" et devra être revue en fonction "de l’évolution de l’épidémie et de notre capacité à surmonter cette crise", a ajouté Bruno Le Maire.

Financer les reports ou annulations de charges

Pour limiter les dommages, et éviter notamment les faillites en cascades des entreprises les plus fragiles, l’Etat va mobiliser, de manière "immédiate", 45 milliards d’euros pour les entreprises et les salariés, a insisté le ministre de l’Economie. La plus grande partie - 32 milliards d’euros - permettra de financer les report ou annulations de charges sociales et fiscales décidées depuis plusieurs jours. Par ailleurs, 8,5 milliards d’euros sur deux mois, seront dédiés aux dispositions de chômage partiel pour les salariés contraints de cesser leur travail. Ce dispositif "mis en œuvre pour la première fois en France", vise "à maintenir les compétences et les savoir-faire", a commenté Bruno Le Maire.

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Faire jouer "à plein" la solidarité

Par ailleurs, un fonds de solidarité doté de 2 milliards d’euros sera aussi créé "pour les plus petites entreprise, les microentrepreneurs, pour les indépendants, qui ont moins d'un million de chiffre d'affaires" et qui "ont perdu, entre mars 2019 et mars 2020, 70% de leur chiffre d'affaires". "Nous voulons que la solidarité joue à plein", a insisté le ministre. "On va faire simple. On va faire massif et on va faire solidaire".

La Direction générale des Finances publiques attribuera ainsi, de manière forfaitaire, 1 500 euros, à toute entreprise qui rentrerait dans ce champ. Cette mesure pourrait concerner 600 000 entreprises, a précisé Bruno Le Maire. Pour les plus petites entreprises en difficultés, les factures d’eau et d’énergie seront suspendues et les loyers reportés. Cependant, l’Etat ne prendra pas en charge les pertes d’exploitation. "Nous continuons à discuter avec les assureurs pour voir comment ils peuvent prendre en compte la crise sanitaire dans leurs contrats", a indiqué le ministre de l’Economie.

Garanties de prêts à hauteur de 300 milliards d'euros

Un autre volet "très important" du plan du gouvernement concerne les garanties apportées par l’Etat aux nouveaux prêts bancaires qui seront sollicités par les entreprises. Emmanuel Macron avait annoncé le 16 mars 2020, qu’une enveloppe de 300 milliards d'euros serait consacrée à cette action. Concrètement, cette garantie couvrira tous les prêts de trésorerie qui seront consentis par les banques entre le 16 mars et le 31 décembre 2020. Ces prêts pourront couvrir jusqu'à 25 % du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise et être remboursés sur une période allant jusqu'à six ans."Les banques n’ont plus de raison de refuser de prêts", s’est félicité Bruno Le Maire. Le ministre de l’Economie a d’ailleurs rappelé que, sur le plan international, ce sont plus de 1 000 milliards d’euros de garantie de prêts qui ont été décidés par les Etats au niveau de la zone Euro.

Capacité à redémarrer l'activité

Au-delà des services de transports, aériens ou ferroviaires, de nombreux secteurs industriels sont d’ores et déjà très fortement touchés par la crise. Dans l’automobile, notamment, Renault, PSA ou encore Michelin, ont annoncé des fermetures de sites en France. La secrétaire d’Etat, Agnès Pannier-Runacher recevra chacune des grandes filières "pour faire le point sur leur situation", a indiqué Bruno Lemaire. L’essentiel est de maintenir "la capacité des entreprises" à redémarrer leur activité lorsque la crise du Covid-19 sera passée, insiste-t-il. C'est même "la priorité absolue". Dans ce contexte très difficile, certaines grandes entreprises pourraient être attaquées sur les marchés. "Nous n'aurons aucune hésitation à employer tous les moyens à notre disposition. Cela peut passer par des prises de participation ou des nationalisations, si nécessaire", a conclu le ministre de l'Economie.

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