Il s’en est fallu de peu. Mais la France a conservé en 2020 sa place de première destination européenne pour les investissements directs étrangers selon le baromètre annuel d’EY sur l’attractivité. Une première marche du podium sur laquelle elle était déjà l'année précédente. Avec 985 projets d’investissements annoncés en 2020, la France est au coude à coude avec le Royaume-Uni (975) et l’Allemagne (930), ses éternels concurrents européens. C’est dans l’Hexagone pourtant que la chute du nombre de nouveaux projets a été la plus forte. En un an, les projets d’implantation ou d’extension de sites ont reculé de 18 %, contre 12 % au Royaume-Uni et 4 % en Allemagne.
Des projets dans les sites de productions en baisse de 17 %
Sans grande surprise, ils reflètent une forte divergence sectorielle. Les nouveaux investissements étrangers ont plus que doublé dans l’industrie pharmaceutique et se sont stabilisés dans les équipements médicaux. Les projets étrangers sont aussi en hausse dans le secteur de l’ameublement, en croissance depuis la sortie du premier confinement et le textile.
A l’inverse, les services aux entreprises (éditeurs logiciel, maintenance industrielle, SSII…) ont enregistré une nette chute des projets d’implantations ou d’extensions de groupes étrangers. C’est le cas aussi de la logistique, dont le nombre de sites a chuté de 40 % en un an, malgré le maintien des projets portés par le e-commerce. « Dans les services aux entreprises, les entreprises se sont adaptées rapidement à la baisse de leurs contrats. A l’inverse, un certain nombre de projets dans l’industrie avaient été lancés avant la pandémie », souligne Marc Lhermitte, associé chez EY. Malgré la virulence de la crise, 63 projets d’investissements ont été enregistrés en 2020 dans la fabrication de matériels de transport ont été enregistrés en 2020, contre 86 en 2019.

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Trim 4 2025
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Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
EY Dans l’urgence de la pandémie, les groupes étrangers ont davantage mis en sommeil leurs projets de centres R&D (-23 %) et d’implantation de sièges sociaux (-34%), plus faciles à couper. « Ce n’est pas inquiétant pour l’avenir de l’attractivité de la France. Ces projets peuvent être rapidement repris si le gouvernement envoie les messages rassurants » souligne Marc Lhermitte. Les investisseurs étrangers ont moins révisé à la baisse leurs investissements dans des sites de production, que ce soit des extensions ou des créations d’usines (-17 %). La France conforte sa première place pour les investissements industriels en Europe, avec 341 projets annoncés, très loin devant la Turquie et le Royaume-Uni. Mais le risque est que le coup de frein se prolonge plus longtemps en 2021.
58 % des investissements annulés ou reportés
Il est encore difficile d’évaluer l’effet à plus long terme de la pandémie sur l’attractivité française. "Nous n'allons pas bouder notre plaisir", remarque Christophe Lecourtier, le directeur général de Business France, "nous avons réussi à installer la France à un niveau durable de visibilité. La priorité attachée à l'attractivité dans les réformes depuis 2017 n'a pas été écornée par la crise". Même s’ils jugent globalement positivement le plan de relance français, les dirigeants étrangers restent prudents sur leurs prévisions d’investissement dans l’Hexagone. Quatre sur dix ont bien prévu de maintenir, voire même d’augmenter leurs projets en 2021. Mais autant ont décidé de les réduire et 14 % les ont pour l’instant repoussé à des jours meilleurs. « Les investisseurs ont besoin d’être rassurés sur le court terme. Le marketing de la France ne soit pas seulement être sur les perspectives 2025 de la transformation environnementale mais ce qu’il en est de la reprise en 2021 », avance Marc Lhermitte. Et la concurrence s’annonce rude, notamment avec le Royaume-Uni.
La France ne pourra guère compter sur les stratégies de relocalisation pour attirer davantage d’investissements sur son sol. Il y a un an, la fermeture brutale des frontières lors de la première vague du Covid avait incité les entreprises à s’interroger sur une réorganisation mondiale des chaînes d’approvisionnement. 18 % des dirigeants interrogés y pensent sérieusement. « C’est peu ou prou la proportion que l’on retrouve à chaque baromètre », rappelle Marc Lhermitte. « Relocaliser est coûteux à court terme pour les entreprises. Cela implique d’abandonner des capex. Il va falloir que les entreprises reconstituent un peu de cash pour remettre sur la table ces projets très complexes », pointe-t-il. Sans compter que tous les gouvernements incitent à relocaliser. Les entreprises ne pouvant multiplier les implantations, les effets ont tendance à s’annuler.



