La France a fait mieux que résister. En 2020, le pays a capté 1 215 projets d’investissements étrangers. La crise du Covid-19 a finalement moins impacté l’attractivité de la France que ne le craignait le gouvernement.
L’an dernier, le nombre de nouveaux projets n’a reculé « que » de 17 % par rapport à une année 2019 record pour les investissements étrangers. Malgré le contexte sanitaire, ces projets devraient d’ailleurs permettre de créer près de 30 000 nouveaux emplois sur le territoire et d’en sécuriser 4 750 autres, soit « la deuxième meilleure performance depuis dix ans » souligne l’agence Business France, chargée de l’attractivité. Dans le détail, les investissements dans les sites de production industrielle ont reculé de 19 % en 2020, même s’ils représentent toujours 25 % du total des investissements. Avec 308 projets d’implantation et d’extension, ils retrouvent cependant presque leur niveau de 2018, qui avait cumulé 320 projets dans l’industrie.
Les investissements étrangers dans la santé en hausse de 40 %
Certains secteurs sortent leur épingle du jeu. Le nombre de projets d’investissements dans le secteur de la santé a progressé de 40 % en 2020, à la fois en extension des capacités de production, en R&D et en ingénierie. Autre secteur en vogue : les énergies renouvelables ont vu le nombre d’investissements augmenter de 13 %, avec notamment l’ouverture d’un site de reconditionnement de batteries par la start-up néerlandaise Nowos à Amplepuis et la mise en service de quatre centrales éoliennes par le canadien Boralex.
Point fort traditionnel de l’attractivité française, grâce au crédit d’impôt recherche, la recherche et développement a aussi réussi à quasi stabiliser le nombre de nouveaux investissements, avec une baisse de 7% seulement à 146 projets, contre 157 en 2019 et 120 en 2018. Les activités de logistique et les services aux entreprises ont eux aussi stabilisé leurs investissements. A l’inverse, sans grande surprise, les projets sont en recul de 56 % dans l’aéronautique et de 38 % dans les transports. Les entreprises de l'Union européenne représentent près de deux tiers des investissements réalisés en France.
Fluidifier et accélérer le suivi des projets
« Notre stratégie de reconquête industrielle fonctionne et nous avons raison de parier sur l’international pour contribuer au dynamisme local », se félicitent les ministres Franck Riester, Agnès Pannier-Runacher et Jacqueline Gourault, dans le bilan annuel. Tout l’enjeu désormais est de relancer la dynamique. Le gouvernement mise sur l’effet d’entrainement du plan de relance pour renforcer l’attractivité du pays, qui avait réussi juste avant la crise en 2019 à se hisser à la première place européenne pour l’accueil des investissements étrangers. Mais la concurrence s’annonce rude au sein de l’Union européenne, alors que chaque Etat déploie ses propres mesures de relance, notamment pour encourager les investissements dans les énergies vertes et la décarbonation. Pour emporter la décision finale, le gouvernement mise sur la mobilisation d’une Team France invest, qui doit regrouper BusinessFrance, ministères, agences régionales d’attractivité et opérateurs de l’Etat comme la Banque des territoires et Bpifrance. Objectif : fluidifier le suivi et gagner du temps dans le traitement des dossiers, alors que la capacité à démarrer rapidement un projet est un des critères clés pour les investisseurs. Une plate-forme numérique collaborative de traitement des projets doit être lancée à l’été pour leur donner davantage de visibilité.



