132 manifestations et rassemblements avaient lieu partout en France, jeudi 12 décembre 2024, à l’appel de la CGT, de Solidaires et de la FSU. Une semaine après la mobilisation pour sauver la fonction publique, il s’agissait cette fois de se mobiliser «contre la casse industrielle». C’est à la Fonderie de Bretagne (FDB), à Caudan, près de Lorient (Morbihan), que Sophie Binet, secrétaire générale de la FSU, a choisi de se rendre dans le cadre de cette mobilisation. Elle y a été accueillie par près de 500 personnes au slogan de «Fondeurs oui ! Chômeurs non !», sur fond de musique métal.
«C’était très important», a-t-elle déclaré à la presse, de se rendre sur le site de l’équipementier morbihannais. «Près de 400 emplois sont en jeu», rappelle-t-elle, «alors que c’est une usine qui tourne, avec des investissements en cours et un énorme travail mené par les salariés pour organiser sa reconversion».
L'avenir du site suspendu aux commandes de Renault
Le sort de de l’usine spécialisée dans les pièces de transmission est suspendu à l’issue des discussions entre Renault, ancien propriétaire et principal client de l’usine, et Private Assets, fonds allemand candidat à la reprise. Les négociations achoppent notamment sur le refus de Renault de s’engager sur des volumes de commandes jusqu’en 2028. «On ne veut pas d’un remake» de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM), assène la secrétaire générale. Le fondeur aveyronnais avait été contraint à la fermeture en 2022 après la fin de non-recevoir opposée par Renault aux exigences d’engagement financier posées par le repreneur.
La situation de FDB est un symptôme de plus du coup de frein observé dans l’industrie, avec plus de fermetures que d’ouvertures ou d’extensions d’usines en 2024, une première depuis 2020, d’après le bilan exclusif de L’Usine Nouvelle. Les équipementiers automobiles sont particulièrement touchés, comme en témoignent les fermetures à venir des sites Michelin de Vannes et Cholet d’ici à 2026, qui laisseront plus de 1200 personnes sur le carreau.

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Au-delà de l’automobile, «plusieurs filières sont impactées», indique Stéphane Flégeau, secrétaire général adjoint de la CGT Métallurgie de Bretagne, présent à Caudan ce jeudi. Il cite, entre autres, la sidérurgie, le spatial et l’aéronautique. Sophie Binet a, elle, rappelé les difficultés de sites emblématiques comme ceux du papetier Chapelle Darblay et du chimiste Vencorex, en Isère. La CGT recense 300 plans de suppressions d'emplois depuis septembre 2023, avec une nette accélération ces derniers mois, menaçant entre 128000 et 230000 emplois.
Parmi les nombreuses causes de ce déclin pointées du doigt par certains analystes, figure notamment la concurrence de marchés comme la Chine et des Etats-Unis, très protectionnistes avec leur industrie. Mais aussi, selon la CGT, les délocalisations de la production par les industriels français. «Renault doit se rappeler qu’il est un constructeur français», argue Sophie Binet face aux manifestants, dénonçant le fait que le constructeur «envoie ses volumes à l’étranger», et notamment en Espagne et en Roumanie : «Le premier lieu de délocalisation, c’est l’Europe», rappelle-t-elle.



