L’effet domino tant redouté sur la chimie iséroise risque de prendre forme. Le mercredi 4 décembre, des responsables du chimiste Arkema se sont rendus sur le site de l’entreprise de Jarrie, en Isère, pour présenter aux salariés et aux organisations syndicales un «projet de réorganisation», selon les termes employés dans le communiqué de presse diffusé dans la foulée.
Une partie de sa production dépend en effet du sel produit sur la plateforme chimique voisine de Pont-de-Claix par Vencorex (et ce, depuis 1968 !). Or, depuis le redressement judiciaire de cette dernière en septembre dernier et la grève illimitée votée le mois suivant, l’approvisionnement est coupé. Pire : l’actionnaire thaïlandais de Vencorex, PTT Global Chemical, a notifié Arkema par courrier le 29 novembre dernier qu’il refusait de poursuivre la fabrication de sel au-delà de la période d’observation, qui se termine le 10 mars prochain.
Une délai très court qui empêche à l'entreprise de constituer des stocks et de mettre en place un approvisionnement alternatif. Conséquence : dans son scénario de recentrage, Arkema envisage de préserver les activités les moins consommatrices en sel (eau oxygénée, chlorate, perchlorate) mais ne pourrait maintenir celles qui nécessitent des volumes et une qualité de sel supérieures (chlore/soude, chlorure de méthyl et fluides techniques).
Si l’entreprise refuse de communiquer de chiffres précis, les syndicats tablent sur une réduction de 120 à 150 emplois sur les 340 du site. Une table ronde s'est tenue ce 5 décembre entre industriels, élus et syndicats afin de tenter de trouver une issue à cette situation. Ce rendez-vous auquel a participé à distance le ministre de l'Industrie Marc Ferracci a aussi permis de faire le point sur le dossier Vencorex.



