Etude

[L’instant tech] Malgré la crise, le marché de l’impression 3D gagne en maturité

Dans son étude annuelle, le fournisseur de services d’impression 3D Sculpteo observe que 2020 aura permis à la fabrication additive de prouver son utilité et sa résilience en temps de crise. Avec des effets concrets : les usages et les investissements se sont consolidés.

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impression 3D HP
L'impression 3D est de plus en plus utilisée pour la fabrication en série.

La crise du Covid-19 a eu l’effet d’un coup de projecteur sur l’impression 3D. Impression de matériels médicaux, de protections individuelles… les initiatives ont fleuri en 2020, affirmant la place de la technologie comme outil de production. Mais la crise a-t-elle réellement profité à l’impression 3D ?

Depuis sept ans, le français Sculpteo – racheté en 2019 par le chimiste allemand BASF – réalise chaque année une étude sur le marché de la fabrication additive. "Cette année, l’enseignement principal de notre étude est double, estime Clément Moreau, PDG de la société de services d’impression. L’impression 3D a montré son utilité et sa résilience en temps de crise." Avec des effets concrets : les usages et les investissements se sont consolidés.

Customisation de masse et empreinte environnementale

Près de la moitié (48 %) des utilisateurs de la technologie disent avoir accéléré son utilisation en 2020 pour saisir de nouvelles opportunités et 23 % d’entre eux y ont investi plus de 100 000 euros. "Ces investissements sont en ligne avec les années précédentes, ils se sont maintenus, observe Clément Moreau. C’est une bonne nouvelle : les entreprises achètent des machines chères." Donc orientées vers la production.

Et pour cause : chez les utilisateurs les plus matures, l’usage de la technologie est désormais partagé à parts quasi-égales entre prototypage et production, avec un léger avantage pour le premier (51 %). "Cela montre une phase de consolidation des usages, estime le PDG. Les usages en production se confirment année après année." Ainsi, 52 % des sondés affirment utiliser l’impression 3D pour fabriquer des pièces mécaniques et 27 % des biens de consommation.

Utilisée pour construire des formes complexes par 69 % des répondants et pour des itérations rapides par 52 % d’entre eux, l’impression 3D s’impose par ailleurs de plus en plus pour réaliser du sur-mesure en série. Cette customisation de masse, revendiquée par 32 % des utilisateurs en 2019, atteint 41 % des usages en 2020.

Côté matériaux, les tendances sont tirées – au-delà d’une quête de performance – par deux impératifs : la réduction des coûts et de l’empreinte environnementale. Les deux critères sont prioritaires pour respectivement 52 et 23 % des usagers. "Les utilisateurs sont de plus en plus techniques et comprennent les problématiques pour utiliser correctement la technologie, estime-t-il. Ils évaluent sérieusement la sécurité, les caractéristiques et la composition des matériaux." Preuve, là encore, de la maturité croissante du secteur.

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