[L'instant tech] Au CES, la start-up Iumtek souhaite valoriser les technos d’analyse laser du CEA

La jeune pousse deeptech Iumtek développe une technologie d'analyse par laser pour détecter et quantifier différentes microparticules, notamment en contexte industriel. Elle espère profiter du CES pour populariser son système, et rencontrer d’éventuels clients.

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Analyseur spectroscopique Iumtek
Iumtek a déjà vendu trois analyseurs spectroscopiques destinés à quantifier la composition de matériaux industriels.

Pourquoi participer au CES à distance, confiné derrière un écran d’ordinateur ? La grand-messe de l’innovation qui se tient traditionnellement chaque début d’année à Las Vegas (Etats-Unis) vaut-elle vraiment le coup si l’on en retire l’effervescence humaine et le hasard des rencontres ? “Il va bien falloir s’habituer au digital et à la communication à distance” répond, philosophe, Ronald Berger-Lefébure.

Au contraire des nombreux acteurs de la tech qui ont boudé l'événement dans sa version numérique, le fondateur et président de la start-up Iumtek, qui développe des solutions d’analyse des microparticules en temps réel, préfère être “optimiste”. Préparé à veiller une partie de la nuit pour répondre aux demandes d’éventuels prospects, il positive : “le numérique permet de mieux planifier les rendez-vous, ce qui nous aidera peut-être à pouvoir détailler sérieusement la technologie que nous développons”.

Passer des labos à l’industrie

Il faut l’admettre, pour comprendre les solutions de Iumtek, chaque minute gagnée sur une conversation improvisée au détour d’un stand est bénéfique. Créée fin 2017 à partir de brevets issus des recherches du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), la pépite vise à démocratiser une technologie relativement ancienne dans les laboratoires, la spectroscopie de plasma induit par laser (LIBS, selon le diminutif anglais), pour analyser matériaux et pollutions de l’industrie.

“Cette techno repose sur un principe d’identification des éléments à l'échelle atomique, explique Ronald Berger-Lefébure. Elle mobilise un faisceau laser pour provoquer un plasma de la matière à analyser, et en interprète ensuite l’émission d’énergie photonique (la lumière renvoyée).”De quoi réaliser “des instruments capables de mesures multi-élémentaires, en temps réel et in situ”, c’est-à-dire capable d’analyser toutes sortes de matériaux sans préparation préalable pour en spécifier la nature et la concentration, ajoute l’entrepreneur.

Contrôle in situ et surveillance des pollutions industrielles

Autant de caractéristiques qui font du Libs un outil idéal pour l’industrie, espère le fondateur de Iumtek, dont la start-up conçoit les briques mécaniques et logicielles pour rendre la techno utilisable. Capable de contrôle quasi non-destructif - puisque l’ablation laser ne retire que quelques micromètres cube de matière - le Libs pourrait d’abord intéresser les industriels en quête de qualification autonome en temps réel des matières qu’ils utilisent (smart monitoring). Notamment lorsque les procédés ont lieu dans des environnement hostiles à l’homme, par exemple dans la métallurgie et la chimie.

Autre marché visé par la jeune pousse : la santé et l’environnement, via le suivi en temps réel des pollutions atmosphériques aux métaux lourds, dont les particules pourraient ainsi être repérées. Malgré leur taille parfois nanométrique. “Nickel, plomb, arsenic, mercure, titane… tous ces éléments peuvent se retrouver sous forme de trace dans les fumées mais sont très nocifs pour la santé humaine, alors que d’autres éléments, comme le silicium, peuvent être corrosifs pour la mécanique”, liste Ronald Berger-Lefébure. 

Trouver des clients

Hébergée depuis un an chez Accelair, l’accélérateur de start-up du spécialiste des gaz industriels Air Liquide basé aux Loges-en-Josas (Yvelines), aux abords du plateau de Saclay, Iumtek rassemble aujourd'hui six employés et commercialise depuis 2018 un premier instrument, capable de mener des analyses de tous types de matériaux pour les procédés industriels. Avec déjà trois ventes et un premier export prévu, la start-up espère se servir de ce premier produit pour qualifier sa technologie tout en gagnant en notoriété. Avant de développer d’autres appareils de mesure, adaptés à chaque élément recherché.

Des objectifs dont sa participation au CES (avec l’appui du CEA) pourrait le rapprocher, espère Ronald Berger-Lefébure. En ligne ou non, les avantages du salon restent pour lui inchangés : se faire connaître auprès de potentiels clients et salariés, et identifier de nouveaux marchés.

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