Vitrine de l’innovation technologique, c’est grâce aux solutions digitales dont il fait habituellement la promotion qu’il va tenter de sauver son édition 2021. Crise du Covid-19 oblige, le CES de Las Vegas tient une édition 100% virtuelle, du 11 au 14 janvier. Un défi, alors que la force de ce salon est de pouvoir y expérimenter de nouveaux produits, qu’ils soient novateurs ou gadgets.
Présentations vidéo de nouveautés, dossiers de presse numériques, espaces virtuels de discussion : les organisateurs du salon ont travaillé avec Microsoft et utilisé son panel de solutions (Azure, Teams et Power Plateform) pour créer un lieu virtuel d’exposition et de rencontre. Un bureau central, animé par des personnalités des réseaux sociaux et de la tech, est chargé de diffuser interviews, annonces et analyses des événements du salon.
Fédérer dans l'effervescence de Vegas
Le plus gros défi est de recréer du lien et de l’interaction entre les participants, qui se côtoient par écrans interposés. Une intelligence artificielle a pour mission de suggérer des rencontres entre visiteurs et exposants en fonction des intérêts indiqués dans leur profil.
"Les à-côtés du salon n’existeront pas cette année, reconnait Maxime Sabahec, qui coordonne la délégation French Tech embarqué par Business France. On sait que le networking passe par la rencontre et que le CES se caractérise par l’effervescence qui se créé sur place, à Vegas. Il y a une dynamique d’événement très importante et bénéfique pour tout le monde. C’est tout cela que nous allons essayer de recréer sur la toile."
113 start-up au pavillon français, contre 160 l'an dernier
Malgré tout, la présence française est moindre. Le pavillon français devrait compter 113 start-up cette année, contre 160 l’an dernier. "Pour la première fois, nous avons créé une page événement LinkedIn, expose Maxime Sabahec. C’est très franco-français certes, mais l’objectif est d’aider à ce que chacun se sente acteur de la délégation. WhatsApp, Teams, LinkedIn,... tout est bon à prendre pour fédérer les entreprises françaises entre elles." Business France a également revu son format de préparation, qui s’est matérialisé par 2 à 3 heures de visioconférences quotidiennes pendant deux semaines.
"Nous avons cherché à donner les clés de la réussite d’un événement en ligne, fait valoir Maxime Sabahec. Nous avons formé les entrepreneurs au pitch en visioconférence, que ce soit sur le plan technique – est-ce que ma caméra est propre, la lumière et l’environnement autour de moi sont bons ? – et sur le fond : comment vendre mon produit en visio, quel message je transmets. Nous avons aussi ajouté un coaching sur l’optimisation de sa présence en ligne. Sur un stand physique, avec un peu de chance, les gens peuvent s’arrêter parce qu’ils passent devant. Nous avons donc travaillé sur les façons de générer du trafic sur un stand virtuel et inciter à cliquer pour prendre un rendez-vous."
Faurecia, Valeo, mais aussi Google, Amazon et Facebook absents
Des grands groupes tricolores, habitués du salon, ont suspendu cette année leur venue, comme Faurecia et Valeo. Les géants américains Google, Amazon et Facebook font également l’impasse sur cette édition. A l’inverse, le caractère économique d’une participation virtuelle – 5 000 euros, contre 25 000 euros pour les années en présentiel – en a convaincu d’autres.
"Si l’événement n’avait été en digital, nous n’y serions pas allés", confie Bertrand Laine, co-fondateur de 3DiTex, start-up de 8 salariés basée à Saint-Médard (Lot), spécialisée dans la fabrication additive. Le digital nous permet de rencontrer un public différent, sans débourser 25 000 euros. Nous serons deux ou trois à y participer : nous allons nous organiser pour nous connecter aux horaires de la côte Est, mais aussi peut-être aux horaires asiatiques, pour rencontrer un maximum de personnes." Rendez-vous en fin de semaine pour faire le bilan de cette édition particulière.



