Moins de gadgets, plus de raison... au CES de Las Vegas

L'analyse de Marion Garreau, cheffe du service Innovation de L'Usine Nouvelle.

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CES Hyundai
Le stand Hyundai au CES de Las Vegas

Des visiteurs tête en l’air et smartphone à la main, qui mitraillent une gigantesque vague d’écrans ondulés. Avec cette expérience visuelle et sonore originale, le stand du coréen LG a été l’un des plus courus du Consumer Electronics Show (CES), le plus grand salon technologique au monde, qui s’est tenu à Las Vegas du 6 au 9 janvier.

Pendant quatre jours, il a fallu s’armer de patience pour circuler dans les 250 000 m2 d’exposition répartis sur quatre sites de "sin city". Chez Samsung aussi, difficile de se frayer un passage devant le gigantesque écran mural de 7,5 mètres de diagonale, que l’on peut façonner à l’envie. Des constructeurs qui se livrent bataille sur les écrans 8K et enroulables, des pistes d’essais pour voir des droïdes de livraison en action et des milliers de start-up collées les unes aux autres à l’Eureka Parc, où elles exposent leurs robots et objets connectés en tout genre avec l’espoir d’être relayée et repérée par un grand groupe... Le CES 2020 a tenu toutes ses promesses. Ou presque.

Sur la toile, certains se sont dits déçus du manque d’innovation futuriste de cette année. Signe peut-être que le CES gagne en raison ? Il semblerait qu’après des années à vouloir impressionner, les exposants veulent désormais surtout démontrer l’utilité de leurs produits. En mobilité par exemple, on parle moins de voiture autonome et davantage de dispositifs d’aide à la conduite. Les wearables, ces vêtements et accessoires connectés, veulent apparaître moins comme des gadgets que comme des outils ayant un véritable impact sur la santé. Une montre connectée veut ainsi prévenir les infarctus. Le tapis de bain qui relève votre poids surveille aussi votre posture pour vous proposer des exercices, anticipant les recommandations du podologue.

Côté conférences, sept étaient par exemple labellisées Robots for good (les robots pour le bien) où il était question de "robots [qui] préservent la terre", "sauvent des vies" et "sauvent les océans" . Autre nouveauté : le lancement, en coopération avec la Banque mondiale, du Global tech challenge, une compétition pour valoriser des start-up innovantes en santé, dans l’égalité femmes-hommes et dans les technologies de résilience face au changement climatique et ses catastrophes. Preuve que la raison d’être joue désormais sur le tempo de l’innovation technologique. 

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