[CES 2020] La French Tech privilégie la qualité plutôt que la quantité

Le pavillon français situé à l’Eureka Park du CES de Las Vegas, le grand rendez-vous de la tech mondial qui se tient du 7 au 10 janvier, doit accueillir quelque 160 start-up. Business France, comme d’autres, a réduit la voilure, et davantage sélectionné les  entreprises qu'elle emmène à Las Vegas.

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French tech CES 2018
La French Tech au CES 2018 (archives).

C’est "le signe d’une maturité" selon les représentants de Business France. L’agence en charge de valoriser les entreprises françaises à l’international n’emmène cette année que 20 start-up au CES, le gigantesque salon dédié aux nouvelles technologies qui se tient du 7 au 10 janvier à Las Vegas, contre 34 en 2019.

"Nous avons travaillé sur la qualité plus que sur la quantité, explique Romain Gaillac, coordinateur du projet à Business France. Nous avons renforcé notre concours afin qu’il soit plus sélectif, notamment au niveau de la commercialisation du produit, des équipes, de l’utilité et de l’attractivité du produit."

Santé, IA et grande consommation

Ces 20 start-up sélectionnées par le jury Business France exposent leurs produits et solutions au pavillon français situé à l’espace Eureka Park du CES, qui accueille la plupart des start-up – il n’est possible d’y exposer que deux années, il faut après payer un stand plus onéreux dans d’autres espaces du salon, qui s’étend sur 250 000 mètres carrés.

Deux secteurs y sont particulièrement représentés : la santé avec notamment le spécialiste en intelligence artificielle pour la surveillance des données physiologiques Chronolife, Hoomband qui propose un bandeau audio pour répondre aux troubles du sommeil, Olythe et ses éthylotests innovants ; la grande consommation avec la jeune pousse Lokly et sa clé USB cryptée dédiée au transport de données sensibles, Styl qui propose un stylet pour smartphone et Adok qui présente un appareil portatif capable de rendre toute surface tactile.

160 start-up au pavillon français

Si l’on rajoute les start-up emmenées par la Banque publique d’investissement Bpifrance, les différentes régions présentes (Occitanie, Hauts-de-France, Bretagne, Bourgogne F-C, Normandie, Nouvelle Aquitaine, Grand Est, Ile-de-France, ...), l'Institut Mines-Télécom et le groupe La Poste, le pavillon français devrait compter environ 160 start-up.

D’autres jeunes pousses seront présentes hors de ce lieu. C’est par exemple le cas des quatre spin-off que le CEA va présenter sur son stand, dédié aux mobilités du futur. En total, environ 300 entreprises françaises devraient ainsi participer au CES 2020.

"Travailler sa notoriété à Vegas, vendre à l’IFA"

"Contrairement aux années précédentes, la quasi-totalité des régions ont cette fois sélectionné sur dossier les start-up qu’elles emmènent au CES, estime Romain Gaillac. La région Paca embarque par exemple 34 jeunes pousses cette année, contre 50 l’an dernier."

La French Tech, label qui regroupe sous la bannière d’un coq rose les jeunes entreprises françaises du numérique, avait ces dernières années largement investi le CES, avec plus de 400 start-up françaises présentes sur le salon en janvier 2019. Une ruée qui avait suscité quelques critiques, la démonstration du retour sur investissement n’étant pas toujours faite. Mais pour Business France, le fait que la French Tech soit cette année moins présente n’est pas le signe d’un désintérêt pour le CES.

"Ce salon reste incontournable, observe Romain Gaillac. Si la présence française est moindre, c’est plutôt parce qu’elle a acquis une certaine maturité.Il est important d’aller au moins une fois à Las Vegas, pour sentir les tendances, observer quels marchés sont attirés par sa solution. On considère qu’une start-up travaille sa notoriété à Las Vegas et vend à l’IFA de Berlin." Preuve que le CES est loin d’avoir perdu son statut de tremplin auprès des start-up, il en attire cette année plus de 1200, venues de 45 pays différents.

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