La tech mondiale a rendez-vous pour quatre jours à Las Vegas. Le Consumer Electronics Show (CES) démarre mardi 7 janvier pour une nouvelle édition de cette grand-messe américaine dédiée aux nouvelles technologies. Y sont attendus plus de 170 000 visiteurs et 4 500 exposants, dont 1 200 start-ups venues de 45 pays différents.
A l’image de la démesure de la ville qui l’accueille, le CES est devenu le symbole d’un développement technologique déraisonnable, où la connectivité et l’intelligence artificielle sont incorporés dans tous les objets, de la brosse à dents au distributeur de croquette, en passant par le vibromasseur.
De quoi soulever un certain scepticisme, voire quelques critiques. Si cette édition devrait compter son lot de démonstrations de gadgets high-tech, plusieurs conférences portent elles sur l’intérêt des nouvelles technologies, notamment en robotique et en lien avec le climat. Hormis ce prisme de l’utilité, que nous réserve le CES 2020 ? Voici les sujets qui ont retenus l’attention de L’Usine Nouvelle en amont du salon.
L’ambition de montrer une utilité
"Les robots préservent la terre", "sauvent des vies" et "sauvent les océans". Avec trois conférences organisées autour de ces trois idées, l’édition 2020 du CES a bien l’intention de montrer que les nouvelles technologies ne sont pas qu’un gadget mais aussi un outil d’amélioration de la vie de l’homme et de son environnement. Au total, sept conférences sont regroupées sous le label “Robots for Good” (les robots pour le bien), qui visent toute à montrer l’utilité sociale ou environnementale de ces appareils.
Autre nouveauté 2020 située dans la même veine : le lancement en coopération avec la Banque mondiale d’une nouvelle compétition, intitulée "Global Tech Challenge". L’objectif est de faire émerger des start-up innovantes dans trois domaines : la santé, l’égalité femme-homme et les technologies de résilience face aux catastrophes et au changement climatiques. "En partenariat avec le CES, nous appelons la communauté de la tech à venir avec des idées audacieuses et concrètes pour résoudre des défis particuliers tels que la réduction de la fracture numérique entre les genres, a déclaré dans un communiqué Makhtar Diop, vice-président Infrastructure à la banque mondiale. Le Global Tech Challenge représente une opportunité pour faire entendre les voix d’entrepreneurs issus de pays souvent sous-représentés sur la scène mondiale de la tech." Les finalistes de cette compétition seront dévoilés lors de l’édition 2021 du CES.
Des annonces à foison
Un téléviseur enroulable signé LG, une machine à plier le linge et un robot laveur de vitres figurent parmi les innovations marquantes du dernier CES. Que nous réserve cette édition ? Les premières réponses sont dévoilées ce lundi 6 janvier, journée où vont se succéder les conférences de presse de plusieurs grands acteurs, à la veille de l’ouverture officielle du salon. Certains grands d’entre eux alimentent déjà le suspens, à l’image de Samsung qui évoque depuis plusieurs jours la présentation d’une nouvelle intelligence artificielle baptisée Néon. Dernier indice en date : il s’agirait d’un avatar capable de simuler des expressions faciales. Le constructeur coréen pourrait lever tout le mystère lors de la prise de parole de son PDG Hyun-Suk Kim lundi 6 janvier en fin de journée.
Côté français, trois groupes doivent faire des annonces en cette journée dédiée à la presse : Schneider Electric, Faurecia et Valeo.
Une French Tech plus réduite, visitée par Agnès Pannier-Runacher
C’est "le signe d’une maturité" selon les représentants de Business France. L’agence de valorisation des entreprises françaises à l’international n’emmène cette année que 20 start-up au CES, contre 34 l’an dernier. "Nous avons travaillé sur la qualité plus que sur la quantité, explique Romain Gaillac, coordinateur projet à Business France. Nous avons renforcé notre concours afin qu’il soit plus sélectif, notamment au niveau de la commercialisation du produit, des équipes, de l’utilité et de l’attractivité du produit." Certaines régions ont fait de même. Résultat : le pavillon français devrait compter 140 start-up environ. D’autres jeunes pousses exposent ailleurs, comme les quatre issues des laboratoires de recherche du CEA, qui a cette année son propre stand au CES. En tout, quelques 300 entreprises françaises devraient participer à l'événement. Côté gouvernement, ce n’est pas le préposé au numérique Cédric O qui viendra mais la secrétaire d’Etat à l’économie Agnès Pannier-Runacher, notamment en charge des sujets industriels. Elle s’entretiendra mercredi 8 janvier avec quelques journalistes français, dont L’Usine Nouvelle, avant de visiter le pavillon français.
Ivanka Trump sur le futur du travail
Ivanka Trump, la fille du président américain Donald Trump, sur la scène du CES au côté du Gary Shapiro, le président de l’association organisatrice du salon, la Consumer Technology Association (CTA). L’image doit prendre forme mercredi 8 janvier à 14 heures à l’occasion d’une conférence intitulée "The path to the future of work" (Le chemin vers le futur du travail). "Le CES a prouvé à plusieurs reprises qu’il compte parmi les événements technologiques les plus influents au monde et je suis très enthousiaste à l’idée d’y participer cette année pour discuter de la manière dont le gouvernement travaille avec les leaders du secteur privé pour s’assurer que les étudiants et travailleurs américains sont parés pour réussir dans l’économie moderne et digitale", a déclaré dans un communiqué la conseillère à la Maison Blanche sur les questions de l’émancipation économique des femmes et de la formation.



