Mais qu’a bien pu dire Ivanka Trump sur l’une des plus grandes scènes du CES 2020 de Las Vegas (États-Unis) ? Attendue pour s’exprimer sur le thème du futur du travail, aux côtés du président de l’association organisatrice de ce salon dédié aux nouvelles technologies, la fille et conseillère du président américain Donald Trump s’est plutôt livrée à un exercice de promotion de la politique de la Maison Blanche dans la lutte contre le chômage.
Surprenant ? Pas tellement. C’était justement la critique qui émergeait depuis quelques jours sur la toile. Plusieurs personnalités de la tech ont estimé qu’il y avait plus compétente qu’Ivanka Trump pour s’exprimer sur le sujet. Avec la question de savoir pourquoi le CES offrait une tribune politique au gouvernement en pleine procédure d’impeachment contre Donald Trump.
Conseillère auprès du président sur les questions de formation et d’émancipation économique, notamment des femmes, Ivanka Trump a d’abord défendu le bilan des actions menées. "Nous travaillons à faire bouger les barrières qui empêchent les Américains de réussir dans cette économie en pleine mutation", a-t-elle déclaré. "En tenant compte de la démographie, le taux de chômage n’a jamais été aussi bas aux États-Unis et 73 % de ceux qui ont sécurisé leur travail l’an passé [2019] étaient marginalisés voire complètement coupés du marché du travail", s’était-elle ensuite félicité.
Développer l’apprentissage
Comment penser les compétences et métiers de demain dans une économie impactée par le développement technologique ? La question a été balayée en une phrase : "Il ne faut pas seulement penser le futur du travail mais aussi investir dans les travailleurs d’aujourd’hui et dans les façons de repenser leur travail grâce aux nouvelles technologies." Ceci étant dit, Ivanka Trump a déroulé sa vision d’une politique qui permet l’accès au marché du travail du plus grand nombre.
Avec une première priorité : le développement de l’apprentissage, pour lequel 3 millions de dollars ont été débloqués selon elle. Et de citer en exemple Siemens qu’Ivanka Trump a rencontré en Allemagne. "Ce qui fonctionne, c’est quand le secteur privé travaille avec le système éducatif tous niveaux confondus et embauche automatiquement les personnes formées par ce biais", a-t-elle plaidé, félicitant Salesforce pour avoir donné une nouvelle formation à un million d’Américains.
"D’autres manières de se former que l’Université"
"Nous allons déployer une campagne massive de sensibilisation sur les autres manières de recruter que celles liées au diplôme universitaire, a encore énoncé l’ancienne femme d’affaire, qui a eu sa propre marque de prêt-à-porter. Les États-Unis comptent des universités d’exception mais les Américains doivent savoir qu’il y a d’autres manières de se former." Et de plaider pour que les diplômes, quels qu’ils soient, soient accessibles sur smartphone pour faciliter les embauches.
Un discours pleinement politique donc. Gary Shapiro, le président de la Consumer Technology Association (CTA) qui organise le CES, s’étant pourtant défendu de vouloir créer "un événement politique" dans une interview à la BBC. Pour plusieurs médias américains, le choix de la CTA de faire venir Ivanka Trump pourrait être une faveur accordée afin de gagner des points sur le sujet de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. La CTA s'est en effet déclarée contre les droits de douane élevés appliqués par la Maison Blanche sur les importations chinoises, qu’elle estime néfastes pour l’économie américaine.



