[L’instant tech] Au CES, la pépite girondine 3DiTex veut confronter sa technologie de tissage 3D au marché

Présente au CES 2021, la pépite girondine 3DiTex s’ouvre pour la première fois au public. L'événement, qui se tient en version numérique, est pour la start-up l'occasion de rencontrer son marché et de lui présenter son futur produit, une technologie de tissage en trois dimensions de pièces composites, qui devrait voir le jour à la fin de l'année. 

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Machine tissage 3D fibres composites
Vue numérique de la machine de tissage 3D développée par la start-up Occitane 3DiTex, présente au CES cette année.

Automatiser le tissage de fibres composites grâce à une approche nouvelle de la fabrication additive. C’est en résumé l’objectif de 3DiTex, start-up de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde) participant au CES 2021, salon international de la tech en version tout-numérique cette année. "Les gens ont l’impression que toutes les pièces en composites sont faites par des robots, c’est faux, rappelle Bertrand Laine, qui a cofondé la pépite fin 2018. Les PME n’ont pas toujours les moyens de s’offrir des solutions automatisées."

3DiTex vise justement à démocratiser cette automatisation. La machine qu'elle développe, et dont le premier modèle devrait voir le jour à la fin de l’année, promet de réduire la consommation d’énergie, les coûts de main d’œuvre et les déchets liés à la fabrication de pièces composites. Comment ? En tissant directement les pièces en trois dimensions.

Partenariat avec l’Inria

"Le concept est similaire à l’impression 3D, même si la technologie est complètement différente", argue le cofondateur. Pour résumer, "la technologie 3DiTex est au tissage ce que l’impression 3D est à l’injection plastique", est-il indiqué sur le site de la jeune pousse de 8 salariés.

Ainsi, la solution de 3DiTex se compose d’un logiciel et d’une machine, tous deux toujours en développement. A partir d'un modèle 3D, le logiciel définit le schéma de tissage nécessaire pour fabriquer une pièce. "Le logiciel d'une imprimante 3D découpe une pièce en tranche pour déterminer comment seront fabriquées les différentes couches qui la composent, illustre Bernard Laine. Ici, c'est le même concept. Sauf que l'assemblage de fils est bien plus complexe que la superposition de couches." Tellement complexe que la pépite met en place un partenariat avec l'Inria Nancy pour finaliser son logiciel.

La machine, elle, demande un important travail de micromécanique et d’électronique. "Nous n’avons pas encore de machine capable de fabriquer des pièces complètes, mais nous avons suffisamment d’éléments matériels et logiciels pour montrer les produits que nous pourrons fabriquer", avance ce spécialiste des matériaux composites, dont la première machine devrait être présentée à la fin de l’année.

Se confronter au marché

C’est pour présenter les possibilités offertes par sa technologie que 3DiTex se rend, virtuellement, à la grand-messe de l’électronique de Las Vegas. "Nous étions restés en sous-marin jusque-là, nous voulons maintenant rencontrer les prospects et nous confronter aux besoins du marché", explique Bertrand Laine.

Car si la start-up vise des marchés comme l’aéronautique et le spatial, qui consomment jusqu’à 20 % des composites du marché, elle s’intéresse aussi au luxe, au sport et au design. Des secteurs davantage présents au salon américain qu’aux salons industriels européens comme le JEC World ou 3DPrint. "Le CES est une porte ouverte vers des acteurs différents", souligne-t-il.

Trouver de futurs partenaires ?

La tenue du salon en tout-numérique s’avère être une aubaine pour 3DiTex, invitée par un dispositif régional. "Si l’événement n’était pas en digital, nous n’y serions pas allés", souligne le cofondateur, pour qui les 25 000 euros de frais de participation, de transport et de logement étaient inabordables.

Numérique, la participation à l’événement – partiellement prise en charge par la région – ne coûte que 5 000 euros hors taxes. Un faible coût à payer pour espérer se créer "une liste de plusieurs centaines de prospects", dont certains deviendront peut-être des partenaires solides pour "aider à définir d’autres usages de la technologie", anticipe Bertrand Laine. Et pour aider à préparer une première levée de fonds de plusieurs millions d’euros prévues pour 2022.

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