L’Allemagne est-elle à nouveau «l’homme malade de l’Europe», avec une économie durablement affaiblie, comme après la réunification ? Reprise cet été par «The Economist», la question taraude patronat comme gouvernement outre-Rhin. Le pays pourrait être la seule grande puissance à entrer en récession, avec une chute prévue de 0,3 % de son PIB en 2023, selon le FMI.
À l’image de la machine-outil, dont les commandes ont plongé de 12 % au cours des trois derniers mois, l’industrie est en petite forme et le moral des chefs d’entreprise au plus bas. Même si le ralentissement chinois touche l’Allemagne plus durement, les raisons de cette faiblesse sont structurelles. «La pandémie a brouillé la tendance, mais en réalité le point de bascule date de la fin 2017. Depuis, l’industrie allemande sous-performe dans la zone euro», rappelle l’économiste Stéphane Colliac, de BNP Paribas.
Révolution numérique, transition écologique, mondialisation… Les atouts sur lesquels elle s’est construite fonctionnent moins bien. Le made in Germany est désormais défié par la concurrence chinoise dans ses domaines d’excellence, y compris dans l’automobile. L’industrie s’alarme aussi du coût de l’énergie, qui pourrait l’inciter à se délocaliser. Selon un sondage de la chambre de commerce DIHK, la part d’industriels prêts à se développer ailleurs est passée de 16 à 32 % en un an. Pour les plus gros industriels, il atteint même 43 %. Pour lever ses doutes, l’Allemagne va devoir se réinventer.


Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3723 - Octobre 2023



