C’est une première aux Etats-Unis. Kairos Power a obtenu l’autorisation de construire le premier réacteur nucléaire de quatrièmegénération du pays, à Oak Ridge, dans l’Etat du Tennessee. Baptisé Hermes, ce démonstrateur à basse puissance n’a cependant pas vocation à produire de l’électricité pour le réseau.
Prévu pour entrer en fonction en 2027, Hermes doit permettre de valider le fonctionnement du réacteur à haute température de la start-up américaine, qui se base sur la technologie des sels fondus. Celle-ci vise à dissoudre le combustible fissible dans un sel fondu (du fluorure) chargé de transmettre la chaleur à un échangeur. Le dernier prototype du genre était déjà hébergé au laboratoire national d’Oak Ridge. Il a fermé ses portes en… 1969.
Une longueur d'avance sur Bill Gates
En parallèle de la construction d’Hermes, qui a débuté le 17 juillet, Kairos Power a lancé le chantier d’une version non-nucléaire de son réacteur, nommée ETU 3.0. Celle-ci doit permettre d’étudier le fonctionnement de toute la machinerie autour du cœur nucléaire, afin d’optimiser notamment sa construction, ses performances et sa maintenance.
Les deux projets seront assemblés à partir de modules fabriqués dans l’usine de production de Kairos à Albuquerque, dans le Nouveau Mexique. Ils devront ainsi permettre de valider les méthodes de construction modulaire du réacteur et donc l’équation économique de la start-up. Elle a déjà investi plus de 100 millions de dollars dans la fabrication d’Hermes, qui va bénéficier de 303 millions de dollars d’aides du ministère de l’Energie américain.
Avec ce projet, Kairos Power prend de l’avance sur son concurrent américain TerraPower, cofondé par Bill Gates, qui n’a toujours pas reçu d’autorisation de construire son premier réacteur.



