La start-up néerlandaise Thorizon va implanter un réacteur à sels fondus dans la région lyonnaise. L'annonce a été officialisée dans la liste des projets annoncés en début de semaine au sommet Choose France. «Nous cherchons un partenaire industriel dont le site répond au cahier des charges de la réglementation industrielle. Cela nous fera gagner du temps sur les autorisations», résume Kiki Lauwers, directrice générale de ce spin-off du NRG, l'institut de recherche nucléaire des Pays-Bas, l'équivalent du CEA.
Thorizon veut installer un prototype non nucléaire, qui nécessite un investissement d'une vingtaine de millions d'euros. Le montant n'est pas encore défini. La mise en service est prévue d'ici à 2027 afin de qualifier le concept, avant le déploiement d'un premier réacteur nucléaire en série de 250 MW thermique programmé pour 2032. Celui-ci sera bâti dans l'enceinte d'une centrale nucléaire, le site reste à déterminer.
Combustible recyclé
C'est la densité en écoles d'ingénieurs, ainsi que la présence d'industriels de la chimie et de la Santé, qui ont convaincu Thorizon de s'implanter à Lyon (Rhône), à proximité de la Vallée de la chimie. La jeune pousse loue des bureaux depuis janvier et a nommé une directrice des opérations, Laure Claquin, ex-Orano. Celle-ci pilote une équipe d'une vingtaine d'ingénieurs et techniciens. L'entreprise emploie une vingtaine de personnes à Amsterdam également.
Thorizon développe une technologie de petit réacteur nucléaire à sels fondus, qui se range dans la catégorie des SMR (Small Modular Reactor). «Cette technologie, qui mélange du combustible recyclé (actinides) et différents sels n'a été testée que deux ans au cours des années70 aux Etats-Unis, avant d'être oubliée», explique Laure Claquin.
Elle a été retenue par France 2030 parmi les 11 entreprises d'avenir de la filière nucléaire comme NewCleo, Hexana et Stellaria. Son premier prototype à l'échelle verra donc le jour en France «le plus rapidement possible», dit Laure Claquin.
Pour financer son développement, Thorizon a levé 12,5 millions d'euros auprès d'investisseurs publics et privés néerlandais en 2022. A travers le programme France 2030, Bpifrance lui a octroyé une subvention de 10 millions d'euros. Et une nouvelle levée de fonds débute pour aider l'entreprise à valider son modèle et à construire ses premiers réacteurs.



