«Au bout de chaque rue, une montagne». C’est ainsi que Stendhal, l’un des plus illustres Grenoblois, décrivait sa ville natale. Les massifs de la Chartreuse, de Belledonne et du Vercors, qui encerclent la capitale des Alpes, semblent toutefois moins être synonyme d’impasse que de vecteur de dépassement pour cette terre d’innovations. Dès le début du XXe siècle, le développement sur place de l’énergie hydraulique, surnommée la “Houille Blanche”, est intimement lié à l’essor industriel, scientifique et étudiant de la préfecture de l’Isère.
Ce triptyque industrie, recherche et enseignement supérieur fait aujourd’hui encore figure de force et de spécificité du modèle grenoblois. «C’est notre ADN», résume Pierre Streiff, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble. Cette synergie public-privé inspirera d’ailleurs directement la politique française des pôles de compétitivité. Avec ses 25 000 emplois dans la recherche, dont 10 000 dans le secteur privé, ses 60 000 étudiants et son plus haut ratio de brevets par habitant en France (8,5 pour 10 000 habitants selon l’INPI en 2021), la métropole se classe régulièrement parmi les villes les plus innovantes du monde.
De la recherche fondamentale à la la valorisation technologique
L’ancienne capitale du Dauphiné héberge ainsi de nombreux centres de R&D privés (Orange, Apple, Salesforce, Atos, Air Liquide…) et de recherche publique (INRIA, CNRS, INSERM, le synchrotron le plus puissant au monde…). Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), délocalisé sur place sous l’impulsion du physicien et Prix Nobel Louis Néel au milieu des années 1950, représente une des meilleures illustrations des apports de la recherche appliquée au monde industriel.
Le Leti, son laboratoire spécialisé dans la microélectronique, constitue une pépinière incroyablement fertile : plus de 70 sociétés y sont nées, comme les jeunes pousses prometteuses Kalray (processeurs, 200 salariés) et Aledia (MicroLED, 200 salariés) ou les acteurs plus installés comme Lynred (technologies infrarouges, 1130 salariés), Soitec (semi-conducteurs, 2 000 salariés) ou l’incontournable STMicroelectronics (puces électroniques), premier employeur privé du département (7 000 salariés répartis entre Grenoble et Crolles). Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs a d’ailleurs annoncé à l’été 2023 un investissement de 5,7 milliards d’euros, avec son partenaire GlobalFoundries, pour y construire une nouvelle usine, renforçant la position de Grenoble en tant que hub mondial de la microélectronique et des nanotechnologies.

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Mais le tissu industriel de la capitale des Alpes, qui rassemble plus de 3 000 entreprises et 53 000 salariés, ne se limite pas à ce secteur de pointe. L’informatique (HP, Atos, Capgemini…), la santé (bioMérieux, Roche, Synapcell, Minitubes…) ou la mécanique (Poma, ARaymond, Caterpillar…) font aussi partie des points forts du territoire. Sans oublier l’énergie, à l’image de HRS et de McPhy dans l’hydrogène et de la pépite Verkor, qui s’apprête à construire une giga-usine de batteries électriques à Dunkerque mais qui a gardé son siège et son centre d’innovation sur la presqu’île scientifique. Au pied du massif éponyme.
Rendez-vous le 25 mai à Villard-Bonnot pour la deuxième étape de Territoires & Industrie : inscription (gratuite) avec le code "INVITUN"



