Kalray lève plus de 24 millions d’euros pour accompagner l'essor de ses processeurs intelligents

Kalray, la pépite grenobloise qui se rêve en Nvidia européen, a annoncé vendredi 2 décembre une levée de fonds de 24,4 millions d’euros. De quoi accélérer sa trajectoire vers l’objectif de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.

 

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Kalray processeur Coolidge
Kalray prévoit déjà de relocaliser une partie de sa production en France.

Eric Baissus, le président du directoire de Kalray, a plus que jamais le sourire en ce vendredi 2 décembre. Il espérait lever 10 millions d’euros par augmentation de capital pour accompagner le décollage fulgurant de son entreprise, mais en a finalement récolté 24,4 millions. « Nous avons ainsi les moyens d’accélérer notre trajectoire et d’atteindre rapidement les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires », se félicite-t-il auprès de L’Usine Nouvelle, sans pour autant fixer une date à cet objectif.

Fondée en 2008 à Grenoble (Isère), Kalray développe une nouvelle génération de processeurs de traitement à la volée de grands flots de données (DPU, pour Data processing unit). Elle affronte des géants américains comme Intel, Marvell ou Broadcom, ainsi que des start-up californiennes telles que Fungible et Pensando. Elle ambitionne même de devenir l’alternative européenne à Nvidia, la référence absolue de ce marché en pleine ébullition, pour l'accélération du traitement des données dans les datacenters, l'edge computing ou encore la voiture autonome. Elle compte aujourd’hui 200 salariés dans le monde, dont 130 en France, et dispose d’une filiale aux Etats-Unis et d’un bureau au Japon.

Un contrat de plus de 100 millions d'euros

La start-up est ainsi en plein décollage. Elle s’attend à multiplier son chiffre d’affaires par 20 pour atteindre 20 millions d’euros cette année puis de le doubler encore en 2023. Kalray tire ses revenus de la vente de cartes d’accélération du traitement des données dans les datacenters et de logiciels associés et se targue d'ailleurs d’avoir remporté auprès d’un leader américain des datacenters un contrat d’un potentiel commercial de plus de 100 millions d’euros.

« Pour accompagner notre développement commercial, nous allons recruter une trentaine de personnes au cours de 12 prochains mois, prévoit Eric Baissus. Nous allons renforcer notre présence aux Etats-Unis car nous avons clairement l’ambition de passer à la vitesse supérieure sur ce marché majeur. A la fin de 2023, nous devons compter 250 à 300 personnes. Le gros des recrutements devrait se faire en France, sur nos sites de Grenoble et Sophia Antipolis. »

Projet de relocalisation de la carte d'accélération

L’objectif est aussi de préparer la prochaine génération de puces pour garder de l’avance sur la concurrence. Leur puce est aujourd’hui fabriquée chez le fondeur taiwanais de semi-conducteurs TSMC, tandis que leur carte d’accélération est réalisée par le sous-traitant taiwanais Wistron. Kalray travaille cependant à la relocalisation d’une partie du volume de fabrication de la carte. Un sous-traitant électronique basé en France et capable de produire la carte à plusieurs milliers d'unités par mois a d'ailleurs déjà été identifié. Le projet, soutenu par le gouvernement dans le cadre du plan France Relance, devrait aboutir courant 2023.

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