Accompagner les transitions. L’interprofession des fruits et légumes frais, l’Interfel, a dévoilé ce 18 décembre les lauréats de son «défi innovation». Trois jeunes pousses ont été primées avec des discours orientés sur la réduction du gaspillage alimentaire et une plus grande végétalisation de l’assiette. Tour d’horizon de ces projets qui sont accompagnés dans leur développement par l’Interfel.
Proteme, une enveloppe pour allonger la durée de vie des bananes
Cette fine pellicule translucide pourrait faire gagner de précieux jours de conservation à ces bananes en état de quasi-abandon au fond de la panière à fruits. Proteme a mis au point une technologie d’enrobage pour ralentir la maturation des fruits et les protéger des moisissures. Sa cible pour l’instant, les bananes et les citrons. Cette solution vise à de substituer aux traitements chimiques sur les fruits en sortie de parcelle pour qu'ils parviennent en bel état au consommateur.
Si la start-up, créée en 2021, devra convaincre les consommateurs que sa fine pellicule est bien comestible, cette dernière espère passer une étape réglementaire l’an prochain pour faire ajouter son mélange à la liste des additifs autorisés au niveau européen. Les contacts avec Fruidor et la Compagnie fruitière sont bien noués. «Les producteurs de banane français ont besoin de cette solution : ils utilisent actuellement des produits de biocontrôle pour la conservation qui sont inefficaces», indique Paul Malfoy, le DG de la jeune structure.
Tomogrow, la cueillette au supermarché
«70% des herbes aromatiques sont gaspillées avant d’arriver au consommateur», lâche Jérémie Delbar, qui a cofondé la jeune pousse nordique avec Camille Ernould. Pour limiter le gaspillage, Tomogrow propose de limiter le transport et le stockage des herbes. Au consommateur de cueillir la verdure directement sur les étals, plus précisément dans des «micro-fermes connectées» situées au milieu du rayon fruits et légumes.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Pour approvisionner ces bacs à herbes couverts de leds, qui ne nécessitent pas raccordement au réseau d’eau, la jeune pousse à un réseau de fermes-conteneurs, à proximité des centres commerciaux, où elle fait germer les graines. Un production 100% française, pour un «prix cible de 1€99». Tomogrow, créée en 2021, a convaincu 5 magasins dont un Carrefour Market de sauter le pas : elle annonce le déploiement de 83 micro-fermes l’an prochain.
Fig, décarboner l’assiette… au restaurant
«Les restaurateurs sont des influenceurs pour le consommateur», dixit Eva Genel, la cofondatrice de Fig (rien à voir avec un quotidien de droite, l’acronyme signifie «Food index for good»), qu'on imagine fan de Top chef. Cette dernière souhaite donc les aider à réduire leur empreinte carbone. Le contact c’est que la transition écologique n’intéresse pas les restaurateurs. En revanche, si nous leur apportons des chiffres sur leur empreinte carbone et les économies qu’il peuvent faire, nous pouvons les faire bouger», détaille-t-elle.
A partir d’un outil d’estimation de l’empreinte carbone de ces derniers, Fig propose des leviers d'amélioration. Impossible de ne pas faire évoluer l’assiette pour cela, l’énergie et les déchets représentant des postes mineurs. Végétalisation des assiettes, meilleur respect des saisons… l’écologique rime souvent avec économique. Fig annonce jusqu’à 40% de réduction de l’empreinte carbone et 20% pour les coûts pour ceux qui suivent ses conseils. Prochaine étape : intéresser les collectivités pour toucher de gros donneurs d’ordre en restauration collective.



